BAAD.jpg

Titre : Baad
Auteur : Cédric Bannel
Éditeur : Robert Laffont collection La bête noire
Date de publication : 4 mai 2016

Synopsis : « BAAD » : Homme mauvais, violent, cruel avec les femmes. BARBARIE Des jolies petites filles, vêtues de tenues d’apparat, apprêtées pour des noces de sang. ABOMINATION Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse. AFFRONTEMENT Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l’impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l’incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar. DÉFLAGRATION Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.

Note 4.0

Les talibans refusaient ainsi les rasoirs et le papier toilette car le Coran n’en faisait mention nulle part, mais ils utilisaient sans vergogne explosifs, fusils d’assaut et missiles modernes. Ils critiquaient la liberté d’expression tout en inondant Internet de leurs vidéos afin de diffuser le plus largement possible leur propagande anti-occidentale. C’était kafkaïen et incompréhensible.

Afghanistan. Difficile de mener une enquête sans risquer sa peau dans ce pays gangréné par la violence, la corruption, les trafics en tous genres, la mort rode quotidiennement. Le « quomaandaan » Kandar et son équipe sont sur les traces d’un « barge » qui assassine, après une macabre cérémonie, de jeunes fillettes arrachées à leurs parents. Mais l’enquête dévoile un autre pan, un réseau de drogue à grande échelle. A Paris, Nicole, une ex flic, s’intéresse elle aussi, sans le savoir, à la même affaire. Pour elle, l’enjeu est vital, la mafia détient mari et enfants, et elle doit mettre la main sur un trafiquant qui fait de l’ombre aux ritals si elle veut retrouver le cocon familial.

Voilà un polar aussi original que passionnant. Cédric Bannel nous dévoile un Afghanistan (qu’il connaît très bien) qui tente par certaines bonnes volontés de redevenir un pays respirable, mais la route est bien longue et l’air souvent vicié. Il faut un sacré tempérament pour ne pas céder au découragement. L’intrigue centrée en grande partie à Kaboul nous tient facilement en haleine. L’angoisse bien présente y est très bien décrite, la description sur l’intimité des Kabouliens renforce notre intérêt. Corruption, petits arrangements, survie sont le lot quotidien de la majorité. La seconde intrigue à Paris est un peu moins tenue, mais comme elle est moins présente, ça tient solidement la route. Un polar original au pays des talibans qui mérite le voyage.

Un grand merci aux Editions Robert Laffont (et sa collection « La bête noire ») et à Babelio bien évidemment.