Fondation 5 Terre et Fondation

Titre : Terre et Fondation
Cycle : Cycle de Fondation, tome 5
Auteur : Isaac Asimov
Éditeur : Folio SF
Date de publication : mars 2009 pour la plus récente (1986 en VO)

Synopsis : La Terre. Tout porte à croire que le légendaire berceau de l’humanité se trouve au cœur d’un vaste plan à l’échelle galactique, destiné à garantir en coulisses la pérennité de la civilisation : une synthèse parfaite entre le matérialisme de la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde, mise en œuvre par une mystérieuse puissance.Mais comment trouver une planète que beaucoup croient mythique, et dont toute trace a inexplicablement disparu des archives galactiques ?

Note 4.5

– Il doit vous paraître irritant de posséder ce don caché de prévision dont vous ne pouvez détecter la nature ; de savoir agir avec décision mais sans raison.
– L’expression usuelle sur Terminus est : « agir avec intuition ».
– Sur Gaïa, on dit : « savoir sans réfléchir ».

Me voici rendu à la fin de mon aventure au sein de la Fondation, et que ce fut un voyage palpitant ! Entre des planètes omniscientes, des robots pas comme les autres et des humains qui le sont de moins en moins, impossible de s’ennuyer ici.

Ce cinquième et dernier tome de la trame de fond principale tendue sur l’histoire de la Fondation vient compléter le précédent de manière plutôt habile. Les protagonistes restants après l’affrontement de la fin du quatrième tome se retrouvent sur la piste de la Terre, planète d’où serait originaire l’ensemble de l’humanité. À travers l’épopée de Trevize, Pelorat et Joie, nous retraçons l’ensemble de l’histoire du développement humain dans la galaxie. Cette remontée dans le temps par ce voyage dans l’espace est captivant : plus on suit ce périple, plus on reconnaît des aspects familiers de notre civilisation : ici une habitude, là un objet, plus loin une façon de penser.

Il faut savoir que l’auteur, Isaac Asimov, après trente ans de sollicitations, a cédé et a finalement repris sa trilogie de Fondation pour la lier au cycle des Robots et créer ce diptyque très particulier. Entre l’adaptation à une époque différente (le futur vu des années 1950 est bien différent de celui vu des années 1980) et la nécessité de lier des histoires bien différentes (la Fondation, dont on parle bien peu ici, et les Robots), rend ce cinquième tome aussi tendancieux qu’indispensable. La fin, qui clôt quasi définitivement sa grande saga cosmique (sur plus de vingt millénaires !), pourra en laisser plus d’un sur le carreau, mais l’art de boucler un tel phénomène est si particulier qu’il s’en sort, finalement, pas si mal.

Au-delà du scénario, il faut surtout saluer le sens du rythme de la part d’Isaac Asimov. Au fur et à mesure de l’intrigue, les chapitres raccourcissent et l’action s’accélère pour nous laisser voir le voile se dissiper sur le mystère entourant la Terre et ses mythes. On peut bien sûr regretter la tendance de l’auteur à adopter un schéma mécanique qui verrait s’enchaîner action-réflexion en des séquences préétablies, mais il nous surprend toujours autant avec un sens du cliffhanger et du suspense poussé au maximum. Celui pourrait devenir presque artificiel à force, mais à chaque fois je me suis laissé faire (ou avoir, c’est selon les goûts) car immédiatement Isaac Asimov résout le problème posé pour en exposer un plus compliqué.

Une fin captivante, donc, pour un chef-d’oeuvre de science-fiction, dont beaucoup devraient encore et toujours s’inspirer.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Prélude 1 ; Prélude 2

Autres critiques : Maedhros909 (Lire, voir, jouer, écouter, découvrir)