Titre : Que la Belle Meure
Série : Azimut, tome 2
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Jean-Baptiste Andreae
Éditeur : Vents d’Ouest
Date de publication : 2014 (janvier)

Synopsis : Après avoir échappé au jugement d’Irénée le Magnanime, la belle Manie Ganza et sa troupe de saugres atterrissent sur le triste royaume volant du baron Chagrin. Ce dernier, personnage mythique s’il en est, aurait réussi à vaincre la vieillesse… mais à quel prix ? De leur côté, le professeur Aristide Breloquinte et l’équipage de son navire-laboratoire Le Laps, continuent d’étudier la question épineuse du temps qui passe, et semblent avoir leur petite idée quant à la récente disparition du pôle Nord…

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Note 4.5

Cette musique, vous voulez dire ? Je lui dois tout. Vigueur et longévité. L’incomparable symphonie des cris et des pleurs qui montent des gorges lorsque des hommes font souffrir d’autres hommes. C’est pour moi une véritable source de jouvence, et on peut compter sur l’humanité pour que cette source ne se tarisse jamais. Tout le reste n’est que gourmandise.

Avec un premier tome dont la qualité fit l’unanimité en 2012, l’attente du second volet d’Azimut fut longue. Mais, ainsi que le dit le proverbe, tout vient à point à qui sait attendre. Et que dire si ce n’est que l’attente des lecteurs avides est récompensée de fort belle manière. Dès la prise en main, l’album brille déjà par la couverture de Jean-Baptiste Andréae qui rappelle combien ce monde est doux et coloré.

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L’on retrouve donc nos aventuriers où on les avait laissé, Polo le lapin blanc, le comte de la Pérue, la belle Manie Ganza… mais de nouvelles têtes font également leur apparition, de façon plus ou moins fugace. Chaque personnage ou presque tente de se jouer du temps ou d’en mieux comprendre le fonctionnement. De fait, ce second tome est aussi plus sombre. Azimut est présentée par son éditeur comme une « épopée tragi-comique » et, si l’humour est toujours bien présent dans Que La Belle Meure, cet album fait aussi, comme son titre l’indique, la part belle à la tragédie.

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Une nouvelle fois, le coup de pinceau et la mise en couleur insufflent une vie sans pareille à ce monde. Aux pages polychromes se mélangent des pages plongées dans les gris, d’autres dans des tons sépia, jaune. Les environnements sont tout simplement beaux, fourmillent de détails et possèdent des ambiances qui leur sont propres. Azimut, c’est tout simplement une invitation au voyage. Un voyage dans le monde des « capharnaüms possibles », un voyage dans les secrets du temps. L’écriture de Lupano, enfin, faite de courtes répliques, contribue grandement à ce sentiment de voyage en menant cette aventure trépidante tambour battant.

Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andréae nous ravissent avec cette seconde étape dans le voyage Azimut, dans la lignée de la première. L’histoire s’installe plus précisément. Le terminus n’est pas encore atteint, et c’est tant mieux.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3

Autres critiques : Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible)