Eos

Titre : Éos
Auteur : G. D. Arthur
Éditeur : Mnémos
Date de publication : 2016 (mars)

Synopsis : Inspiré par les espoirs d’une république refondée, Eos, un jeune homme amoureux et rebelle, aime vivre l’instant présent. Son utopie en marche ? Une petite colonie, le Val-de-la-lune, qui oscille entre durs travaux et fêtes chaleureuses, jusqu’au soir maudit où elle est sauvagement attaquée par des créatures monstrueuses, réputées disparues depuis longtemps… Eos se révèle alors un combattant sans pitié, au grand dam de ses compagnons et de ses amours. Mais il est loin de se douter qu’il va rencontrer, ce jour-là, son destin. Entre la noirceur d’un Glen Cook, la finesse et l’humour d’un Pratchett, G.D. Arthur nous offre un roman détonnant, véritablement unique.

Note 2.0

 

Ils sont plus d’une trentaine à avoir pris la route pour le Val-de-la-lune dans l’espoir de fonder une communauté indépendante de la République corrompue et belliqueuse avec laquelle ils désirent couper les ponts. L’utopie commence d’ailleurs plutôt bien : malgré l’importance du travail à abattre l’ambiance est à la fête et le cadre bucolique favorise la naissance de nombreux émois, notamment chez les membres les plus jeunes du groupe. Difficile toutefois de maintenir les lecteurs en haleine avec un scénario de ce type, aussi les ennuis ne vont-ils pas tarder à pleuvoir sur la tête de nos pauvres idéalistes. D’abord sous la forme d’une scission au sein même de la colonie, puis, plus grave, sous celle de bêtes hideuses venues répandre la terreur dans la région. G. D. Arthur signe ici son premier roman qui a la chance d’être présenté comme le grand coup de cœur des éditions Mnémos pour cette année 2016. Une recommandation qui pousse à la curiosité mais qui, malheureusement, me semble assez imméritée. L’intrigue, tout d’abord, est franchement brouillonne et la rétention d’informations à laquelle s’adonne l’auteur va jusqu’à rendre certains passages tout bonnement incompréhensibles, notamment dans la seconde partie du roman. Seul l’épisode de l’attaque parvient à quelque peu réveiller l’intérêt du lecteur, mais la suite se révélera encore moins passionnante que le début (qui n’était déjà pas franchement trépidant).

Autre point noir, et non des moindres : le personnage principal. Que le protagoniste d’un roman nous laisse indifférent est une chose, mais qu’on le trouve franchement antipathique en est une autre, or c’est malheureusement le cas ici. Notre ami Éos passe en effet le plus clair de son temps à se plaindre/bouder/provoquer (rayer la mention inutile) ce qui ne contribue évidemment pas à le mettre en valeur. Les quelques personnages qui gravitent autour de lui sont en revanche bien plus intéressants, et on se demande bien pourquoi l’auteur n’a pas choisi de se focaliser davantage sur certains d’entre eux. C’est notamment le cas de Lucran et Liara qui forment avec Éos un triangle amoureux qu’on a bien du mal à trouver crédible (et dont notre ado ténébreux se retrouve d’ailleurs bien souvent écarté). Troisième et dernier reproche : la plume de l’auteur. Je n’ai jamais rien contre un style très travaillé, encore faut-il que cela ne gène pas la fluidité de la lecture. Et, je vous le donne en mile, c’est justement le cas ici. G. D. Arthur multiplie les figures de style qui finissent par devenir tellement redondantes qu’elles empêchent une véritable immersion du lecteur dans l’histoire. Le mariage entre des expressions ampoulées et des mots de vocabulaire tirés d’un registre très familier n’est également pas très heureux et contribue là encore à perturber la lecture.

 

Sans être véritablement mauvais, le premier roman de G. D. Arthur cumule les maladresses, non seulement au niveau de l’intrigue mais aussi du comportement du personnage principal, ce qui n’encourage pas franchement à lire la suite. Autant dire que l’argument de vente situant le roman « entre la noirceur d’un Glen Cook et la finesse et l’humour d’un Pratchett » me laisse plutôt dubitative…

Autres critiques : Blackwolf (Blog-O-Livre) ; Jean-Philippe Brun (L’ours inculte) ; Sandrine Brugot Maillard (Mes imaginaires) ; Xapur (Les lectures de Xapur)