Holmes (1854-1891) tome 4

Titre : La dame de Scutari
Série : Holmes (1854/1891?), tome 4
Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cécil
Éditeur : Futuropolis
Date de publication : 2014

Synopsis : Alors que Wiggins suit la plaidoirie du docteur Parks au procès de Judith Brown, sous l’oeil attentif de Mycroft, dont l’issue va provoquer l’émoi dans le pays tout entier, Mary et John Watson sont au chevet de la nourrice de Sherlock, blessée par balles. Et les révélations de celle-ci vont les mettre sur la piste d’une femme dont le nom fut aussi au coeur du procès : Florence Nightingale, infirmière célèbre et pionnière des soins infirmiers modernes, qui mit en pratique ses théories lors de la guerre de Crimée à l’hôpital de Scutari où officièrent le jeune docteur Parks et une certaine… Violet Holmes.

Note 4.5

Regardez, vous autres… Regardez à qui l’on a demandé de juger cette pauvre femme… Des hommes !!! Rien que des hommes… Tous riches et nobles, chargés d’évaluer la vie et les motivations de cette modeste créature… Comme si ils avaient la moindre idée de ce qu’est le quotidien d’une femme du peuple, aujourd’hui, à Londres !

 

Il faut savoir se montrer patient lorsqu’on entame cette série consacrée aux plus célèbres personnages créés par Arthur Conan Doyle, mais l’attente vaut chaque fois un peu plus le coup. Et pour ce quatrième tome, Brunschwig et Cecil se sont véritablement surpassés. Comme dans le volume précédent l’histoire est à nouveau scindée en deux : d’un côté les époux Watson qui poursuivent leur enquête en France auprès de l’ancienne nourrice de Sherlock ; de l’autre Wiggins qui continue ses investigations concernant l’antipathique infirmière affectée au soin de Siger Holmes, père du détective. Seulement cette fois, c’est la grande histoire qui s’invite dans la petite. Le scénario nous transporte en effet en pleine Guerre de Crimée, et plus spécifiquement dans l’hôpital de Scutari, célèbre pour le taux de mortalité impressionnant des soldats qui y étaient envoyés faute de pouvoir être transportés ailleurs. Hygiène déplorable, personnel débordé, épidémies… : la situation sur place est catastrophique et ne manque pas d’émouvoir quelques Londoniennes qui n’hésitent alors pas à entreprendre un long voyage vers l’Empire ottoman pour porter secours aux blessés. Parmi ces femmes, deux noms ne manqueront pas de retenir l’attention du lecteur : celui de Florence Nightingale, infirmière britannique ayant réellement existé et à qui on doit une amélioration significative des services sanitaires de l’armée anglaise, et surtout celui de Violet Holmes.

Holmes (1854-1891) tome 4 planche 1

Le deuxième tome de la série proposait déjà quelques flashbacks qui nous avait permis d’assister à la rencontre entre les parents de Sherlock Holmes. Luc Brunschwig nous propose cette fois de revenir sur les quelques mois ayant suivi la naissance de Sherlock au cours desquels sa mère, la fameuse Violet, pris la décision de quitter sa famille pour s’engager comme infirmière à Scutari. Le caractère plus « historique » de ce quatrième tome implique un travail de documentation encore plus poussé de la part du scénariste comme du dessinateur, et de ce côté là on ne doute pas du sérieux des deux auteurs. Ces recherches se manifestent évidemment avant tout dans les passages concernant la guerre de Crimée mais aussi dans ceux mettant en scène le docteur Parks, invité à témoigner lors d’un procès pour infanticide et révélant par son expertise la misère et les conditions de vie effroyables des habitants des quartiers populaires de Londres. Si on en apprend ici relativement peu à propos de Sherlock Holmes, les révélations concernant ses proches sont pour leur part croustillantes ! Les graphismes restent encore et toujours le principal point fort de la série, avec des dessins très réalistes (tant en ce qui concerne les personnages que les décors) et des teintes de couleurs plutôt sombres ou au contraire très lumineuses en fonction de l’époque concernée par le récit.

Holmes (1854-1891) tome 4 planche 2

Sans doute le meilleur album jusqu’ici : un compliment d’autant plus flatteur quand on sait la qualité déjà remarquable des trois tomes précédents. Il faut maintenant se résoudre à une longue attente avant la sortie du cinquième volume…

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 5