L'assassin royal tome 16

Titre : En quête de vengeance
Cycle : L’assassin royal, tome 16
Auteur : Robin Hobb
Éditeur : Pygmalion
Date de publication : 2016 (février)

Synopsis : FitzChevalerie et le Fou ont changé le cours de l’histoire. Puis leurs chemins se sont séparés. Le bâtard de sang royal s’est détourné de ses activités pour mener une existence paisible à Flétribois, quant à son fidèle compagnon, il n’en a plus entendu parler. Jusqu’à ce qu’il le retrouve, mutilé, au hasard d’une balade avec Abeille. Les graves problèmes de santé de son vieil ami et les intrigues à la cour font baisser la garde de Fitz alors que survient le pire : sa fille est enlevée. Le Fou, au crépuscule de sa vie, a laissé échapper des secrets qui pourraient bien conduire de pâles inconnus à user d’Abeille comme de leur prochaine arme. Mais une magie ancienne coule encore dans les veines de FitzChevalerie Loinvoyant et, bien que ses talents d’Assassin se soient amoindris avec le temps, ennemis comme amis vont apprendre qu’il reste toujours la vengeance à celui qui a tout perdu.

Note 4.0

Qu’est-ce qu’un secret ? C’est beaucoup plus qu’une information qu’on partage avec quelques personnes choisies, voire une seule. C’est du pouvoir ; c’est un lien ; ce peut être une marque de profonde confiance, ou bien la plus terrible menace imaginable. Il y a du pouvoir dans la conservation d’un secret, et du pouvoir dans sa révélation. Il faut parfois faire preuve de beaucoup de discernement pour savoir quelle voie mène à la plus grande influence.

 

En ce début d’année 2016 Pygmalion poursuit sa publication hachée de la dernière série en date de Robin Hobb : « Le fou et l’assassin » (inutile de revenir sur le gâchis que représente un tel découpage de ces romans pourtant peu épais en version originale…). On retrouve donc pour la seizième fois (du moins en France) l’univers et les personnages de « L’assassin royal » à commencer par le plus emblématique d’entre eux : Fitz Chevalerie Loinvoyant, anciennement assassin pour le compte de la famille royale désormais reconverti en simple propriétaire terrien aspirant à se tenir éloigner des intrigues de la cour de Castelcerf. Le retour impromptu du Fou, sans doute le personnage le plus insaisissable et le plus attachant de la série, va toutefois remettre en question un certain nombre de choses, à commencer par le rôle de père de notre héros. Si le précédent tome laissait justement avant tout la parole à son étrange petite fille Abeille, le principal narrateur redevient ici Fitz, enfin de retour dans le château de son enfance. S’il n’est pas particulièrement riche en actions, ce seizième volume l’est en tout cas en nostalgie ! Difficile en effet de ne pas s’émouvoir du retour de l’ancien assassin dans la demeure qui l’a vue grandir et dans laquelle se déroulait une bonne partie de l’intrigue des tomes précédents.

Or, si le protagoniste a l’impression de retourner enfin chez lui après une longue absence, il en va un peu de même pour le lecteur qui se trouvera tout bêtement ému de retrouver la salle du trône, la tanière d’Umbre ou encore la chambre d’enfant de celui qui n’était au début de la série qu’un encombrant bâtard. Les retrouvailles (très attendues) avec le Fou valent elles aussi le coup, même si l’auteur se plaît à jouer avec son lecteur et à retarder les révélations de ce dernier concernant les Prophètes blancs (qu’on soupçonne depuis le début d’être impliqué ici). Il est également plaisant d’entendre ici ou là des échos des événements s’étant déroulés peu auparavant dans d’autres parties de cet univers et auxquels l’auteur avait consacré plusieurs séries (« Les aventuriers de la mer » ; « Les cités des anciens »…). Le réveil des dragons, la santé du duc de Chalcède, les soucis rencontrés par les marchands de Terrilville… : autant de clins d’œil que ne manqueront pas de relever et de savourer les connaisseurs de la géographie du monde de Robin Hobb. Comme souvent chez l’auteur on passe malgré tout davantage de temps à assister à des conversations ou à suivre le fil de la pensée du narrateur qu’à courir d’un endroit à un autre ce qui donnera sans doute à certains l’impression que le roman traîne un peu trop en longueur.

 

Un seizième tome qui fait au final peu avancer l’intrigue générale mais qui se lit malgré tout avec grand plaisir en raison de la nostalgie qu’il ne manque pas d’éveiller chez les lecteurs des précédentes séries de l’auteur. Ne reste plus qu’à attendre la suite…

Voir aussi : Tome 14 ; Tome 15 ; Tome 17

Autres critiques : Doris Facciolo (La magie des mots) ; Oriane (La Pile à Lire)