Batman 5 An Zéro 2e partie

Titre : L’An Zéro, 2ème partie
Série : Batman, tome 5
Scénaristes : Scott Snyder et James Tynion IV
Dessinateur : Greg Capullo et Andy Clarke
Éditeur : Urban Comics (DC Renaissance) (fiche officielle)
Date de publication : 13 février 2015 (2014 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Dès ses débuts, Batman dut affronter la vague de pillage du gang de Red Hood. Mais une fois ce féroce stratège défait, les véritables ennuis débutèrent lorsque Gotham fut plongée dans les ténèbres suite à un blackout savamment planifié. Le responsable ? Un nouveau scélérat nommé le Sphinx, bien décidé à faire plier la cité et son nouveau protecteur.

Note 3.0

C’est ce qu’il voulait nous faire croire au sujet de Gotham, qu’elle touchait à sa fin, que le monde était au bord de l’anéantissement. Mais voyez notre ville : elle n’a rien de commun avec ce qu’elle fut il y a vingt ans, ou même dix ans.
Voilà ce qu’il y a d’effrayant… et de merveilleux aussi, avec Gotham. Elle ne cesse de changer. L’image que nous nous en faisons est éphémère, fluctuante. Nous voyons ses quartiers, ses communautés, les espoirs et les peurs qui l’animent. Et pouf, en un instant, tout a changé. Une nouvelle ville apparaît sous nos yeux.
En cet instant présent, Gotham est une ruine magnifique… qui n’appartient qu’à nous. Et ses peurs sont aussi les nôtres. La peur des ouragans, des cataclysmes, des idéologues fous aux armes meurtrières qui surgissent sans prévenir. Voilà les craintes qui hantent notre cité.
Mais vous pouvez me croire ; ces peurs, nous y ferons face ensemble, car la Gotham de l’instant présent n’est pas celle de nos pères, ni celle de nos fils, c’est la nôtre, celle de notre génération, et si nos peurs sont grandes, nos espoirs le sont aussi. Nos espoirs, et nos ambitions, et notre résistance, nous sommes prêts à mener ce combat.

Ô combien j’ai du mal avec les histoires de Batman chaperonnées par Scott Snyder, le très long laps de temps écoulé entre la lecture (à sa sortie) et cette petite critique en témoigne.


Avec ce cinquième tome, nous venons à bout de l’arc « Zero Year », l’année Zéro du personnage selon les auteurs. Si ceux-ci, Scott Snyder au scénario et Greg Capullo au dessin, connaissent leur travail et leur matériau par coeur, le lecteur régulier a le droit d’en avoir léger marre de constater la gestion désormais caricaturale des méchants avec un « twist » (si on peut appeler ça comme ça) vraiment couru d’avance. De plus, que Scott Snyder veuille réutiliser, voire calquer, toutes les plus grandes histoires du Chevalier Noir pour juste les refaire à sa sauce (ici, il réforme le « Year One » de Frank Miller), c’est son droit finalement, il utilise son indéniable qualité littéraire, il en a le pouvoir aussi et l’autorisation semble-t-il, mais qu’il se débrouille au moins pour masquer un minimum sa manie désormais récurrente de mettre en œuvre à chaque arcla destruction massive de la ville de Gotham, sachant que le lecteur est d’ores et déjà au courant qu’elle sera souvent de justesse.

L’unique back-up, que nous devons encore à James Tynion IV et Andy Clarke, ne sert toujours à rien, et en plus on y retrouve une Harper Row bien jeune ! Certes, cet extrait est plutôt beau, mais il ne remplit pas son office, à moins d’être fan de ce personnage sans intérêt. D’ailleurs, avec cette fin de l’Année Zéro, on peut avoir l’impression de se farcir une fois de plus (et donc une deuxième fois de trop !) la saison 1 de la série télévisée Gotham. Les versions jeunes de certains personnages, emblématiques ou non, ce n’est pas vendeur du tout quand l’impression est donnée au lecteur que le tout tombe à côté de la plaque.

Une bonne pause s’impose donc pour moi dans la lecture des aventures de Batman, histoire d’apprécier ce qui fait normalement le sel des super-héros dans les comics : l’inédit, l’aventure, le plaisir de la découverte et de l’innovation. Ce n’est vraiment plus avec cet auteur-ci qu’on s’y retrouve de ce point de vue.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4

Autres critiques : Comics Batman ; Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible) ; Yvan Tilleul (Sin City)