This is not America

Titre : This is not America
Auteur : Thomas Day
Éditeur : ActuSF
Date de publication : 2009

Synopsis : L’Amérique de Thomas Day, où frayent dans un carambolage d’influences, le carton pâte fané d’une puissance passée, le road sign rouillé – moitié ensablé – qui indique le chemin de la Zone 51, le cool déjanté d’un Tarantino sous crack et l’ombre, découpée dans la lumière du couchant sur John Ford’s Point, de ce héros américain – la mâchoire carrée et le zygomatique en berne – qui regarde loin, vers l’horizon et la Frontière.

Note 3.5

-Quoi qu’il arrive je ne raconterai rien aux journalistes. J’ai mis plus d’un an à croire que les méningeophages existaient et j’ai participé à plusieurs assassinats parce que je voulais que le citoyen américain ne sache rien de cette menace. J’aime l’idée que l’Amérique se couche et se réveille en ignorant tout de ces sangsues dégueulasses… Comment a-t-on pu croire que notre président était parasité par une de ces saloperies ? Faut être un con pour gober une merde pareille !
-Tu sais, moi j’avais voté Nixon, annonça Frenkel en rigolant.
-C’est pas marrant ! T’as fait péter la tête de J. F. K. T’as tué le rêve américain. (Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre)

 

Avec « This is not America », les éditions ActuSF nous proposent comme à leur habitude un recueil de nouvelles très bref qui peinera probablement à séduire les lecteurs qui ne connaîtraient pas encore l’auteur concerné mais qui, pour les autres, reste une excellente occasion de découvrir quelques textes inédits. Guère objective dès qu’il est question de Thomas Day, j’ai bien évidemment beaucoup apprécié ce petit ouvrage qui se lit avec une déconcertante rapidité et dans lequel l’auteur nous offre un aperçu de l’Amérique telle qu’elle était/est/sera/aurait pu être. A travers ces trois nouvelles relevant tour à tour (ou simultanément) de la science-fiction, du fantastique et de l’historique, ce sont certains des événements, des personnalités ou des représentations les plus marquants ou les plus emblématiques de ce pays qui défilent devant les yeux du lecteur, le tout servi par le style cru et sans concession habituel de l’auteur. « Le cool déjanté d’un Tarantino sous crack », nous informe la quatrième de couverture : l’expression ne pouvait pas mieux convenir. Violence, drogue, délires psychédéliques, menace extraterrestre…, bref, Thomas Day n’y va encore une fois pas de main morte, mais cela fonctionne.

« Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre » nous entraîne dans les États-Unis du début des années 1960 aux côtés de trois tueurs professionnels chargés d’exécuter des hommes soupçonnés d’abriter en leur sein un hôte extraterrestre. Leur dernier contrat ? John Fitzgerald Kennedy. Davantage que l’intrigue ce sont les personnages qui tirent ici leur épingle du jeu, tour à tour désespérés, drôles ou touchants. Changement de décor avec « American Drug Trip » où l’on suit les mésaventures d’un jeune paumé malheureux en affaires qui nous entraîne de délires en délires dans une succession d’Amérique toutes plus déjantées les unes que les autres. Malgré la dureté sous-jacente, le ton y est volontiers humoristique et donne lieu à des scènes et des dialogues particulièrement savoureux. Enfin, « L’Éloge du sacrifice » nous embarque dans la peau du futur président des États-Unis menacé par une puissance extraterrestre le faisant revivre le calvaire des plus grands héros de notre histoire afin de le pousser à rejoindre leur cause. La bataille des Thermopyles, le siège de Massada par les légions romaines…, la fan inconditionnelle d’histoire ancienne que je suis n’a pu qu’apprécier.

 

Un recueil de trois nouvelles qui ne chamboulera certes pas l’idée qu’on pouvait se faire de l’auteur mais qui ne manquera pas de satisfaire les lecteurs déjà acquis à Thomas Day qui nous offre comme à son habitude des textes violents, originaux mais ô combien captivants.

Critique réalisée dans le cadre du Challenge Francofou 3

Challenge Francofou 3