Le cycle des princes d'ambre tome 1

Titre : Les neufs Princes d’Ambre
Cycle : Le cycle des Princes d’Ambre, tome 1
Auteur : Roger Zélazny
Éditeur : Denoël / Folio SF
Date de publication : 1975 / 2015

Synopsis :  Un amnésique s’échappe d’un hôpital psychiatrique après avoir découvert le nom de la personne qui l’a fait interner : Flora, sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu’il se nomme Corwin, et qu’il est l’un des neuf frères qui se disputent le pouvoir au royaume d’Ambre, le seul monde réel dont tous les autres sont des reflets, des ombres ; que les princes d’Ambre ont la faculté de parcourir ces univers parallèles par la puissance de leur seule volonté. Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d’Ambre, glissant d’ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Eric, le plus brillant des princes, le trône du royaume.

Note 5.0
 
Coup de coeur

De toute façon, j’adore les bibliothèques. Leurs murs de mots, beaux et sages, dressés autour de moi, me donnent un sentiment de sécurité. Je me sens toujours beaucoup mieux lorsqu’il y a quelque chose qui fait reculer l’ombre.

 

« Le cycle des Princes d’Ambre » de Roger Zelazny fait désormais partie des grands classiques pour les lecteurs de littérature de l’imaginaire, et ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’aborde généralement ce genre d’ouvrage, inquiète à l’idée de rester hermétique à cet univers que tant d’autres ont pourtant apprécié. Le suspens n’aura pas été long dans le cas de Zelazny puisque j’ai été totalement conquise dès les premières pages. Il faut dire que l’auteur sait s’y prendre en matière d’immersion ! Le lecteur se trouve ainsi projeté au côté d’un homme qui se réveille sans n’avoir plus aucun souvenir de qui il est, de ce qu’il fait dans cet hôpital et encore moins des raisons pour lesquelles on refuse de le laisser partir. Loin de se laisser perturber par son amnésie, notre héros prend très vite les choses en main et décide de suivre la maigre piste qui s’offre à lui. Après tout qu’importe s’il ne sait pas encore qui il est, ce qu’il faisait, où il va et qui sont ces gens qui se présentent comme ses frères et sœurs et qu’il croit effectivement reconnaître : le tout c’est d’avoir assez d’aplomb pour préserver les apparences et ainsi en apprendre le plus possible sans se mettre en position de faiblesse. Et à ce petit jeu là, notre héros est particulièrement doué. On suit donc sa quête, d’abord pour retrouver la mémoire, puis pour tenter de conquérir le trône dont il estime qu’il lui revient de droit. Seulement il n’est pas le seul prétendant et parmi la longue liste de ses frères et sœurs, certains se trouvent dans des positions bien plus avantageuses que lui pour s’emparer du pouvoir.

Le livre se lit avec une déconcertante rapidité (à peine vingt-quatre heures en ce qui me concerne) tant on est pris par l’intrigue et tant on est peu enclin à décrocher du rythme endiablé que nous impose Zelazny. Le lecteur se retrouve en effet pris dans un véritable tourbillon d’événements si bien que ce roman d’à peine plus de deux cent pages parvient à acquérir une densité peu commune que certains ouvrages de milles pages n’arrivent parfois pas à atteindre. L’auteur nous livre au compte goutte des informations concernant la fameuse ville d’Ambre qui donne son nom au cycle mais les aperçus qu’on a de cet univers sont déjà suffisants pour faire naître chez le lecteur une indéniable fascination. Il faut dire que les nombreux endroits qu’on a l’occasion d’arpenter dans ce premier tome sont déjà particulièrement riches, qu’il s’agisse de la forêt d’Arden ou encore de la ville sous-marine de Rebma et de sa Marelle, et il en va de même pour les personnages. Là encore Zelazny préfère nous jeter directement dans le bain et nous présente donc succinctement la totalité des princes et princesses d’Ambre, soit treize personnages au total qui entretiennent les uns avec les autres des relations pour le moins belliqueuses : même lorsqu’ils semblent œuvrer main dans la main en vue d’un objectif commun, la trahison reste dans tous les esprits. L’auteur sait malgré tout entretenir le suspens aussi n’a t-on l’occasion de rencontrer que quelques uns des membres de la famille de notre héros, les autres faisant néanmoins l’objet de nombreuses conversations et spéculations.

 

Un premier tome haletant dans lequel Zelazny met en place un univers pour le moment tout juste esquissé mais qu’on devine déjà d’une profondeur peu commune. Ajoutez à cela un narrateur charismatique et attachant, une intrigue menée tambour battant et un style agréable et immersif et vous obtenez un ouvrage addictif. Inutile de vous dire que je me suis aussitôt ruée sur le second volume.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 5 ; Tome 6 ; Tome 7 ; Tome 8 ; Tome 9 ; Tome 10

Autres critiques : Dionysos (Le Bibliocosme)