Rex Mundi 1 Le Gardien du Temple

Titre : Le Gardien du Temple (The Guardian of the Temple)
Série : Rex Mundi, tome 1
Scénariste : Arvid Nelson
Dessinateur : Jeromy Cox et Eric J
Éditeur : Milady Graphics (fiche officielle)
Date de publication : 20 aout 2010 (2003 en VO chez Image Comics)

Synopsis : En 1933, dans une Europe féodale sous le joug de l’Église catholique, où la magie existe et où les monstres rôdent dans l’ombre, un étrange médecin parisien mène l’enquête sur une série de meurtres rituels. Sa seule chance d’empêcher le monde de basculer dans une ère de terreur et de sang : découvrir le mystère du Saint-Graal.

Note 3.5

Vous ne pouvez rien prouver si vous êtes mort !

Avant de renaître en s’appuyant de manière très franche sur les œuvres de Joe Hill (The Cape, Locke & Key), Milady Graphics nous proposait des séries méconnues misant sur des concepts susceptibles de parler plus directement à des lecteurs européens. C’est clairement le cas avec ce Rex Mundi d’Arvid Nelson, Ericj et Jeromy Cox.

Rex Mundi, c’est tout d’abord un monde uchronique très porté sur l’importance du politique dans la société. Nous sommes en pleines années 1930 et dans une France toujours monarchique et particulièrement catholique (la Révolution française est passée à l’as), la magie fait partie intégrante des petites manigances de l’aristocratie politique. Car, en effet, sans pour autant devoir rebuter les récalcitrants au genre, l’aspect politique semble être prépondérant puisque le trône du Bourbon alors en place apparaît clairement comme chancelant au milieu de ce monde mi-féodal mi-« despotisme éclairé ».

Nous suivons, grâce au scénario d’Arvid Nelson, l’enquête méthodique mais un brin prévisible du personnage principal, le mystérieux docteur Saunière, qui bute face aux rapidement évidentes implications magiques du meurtre d’une jeune femme. La sorcellerie se mêle ainsi à un complot ourdi dans les arcanes du pouvoir comme dans les souterrains glauques de la capitale. Cela fait sûrement bateau comme thème mais l’enquête se suit ici de façon très coulante.

Du point de vue graphique, le dessin peut paraître un peu bizarre au tout départ, mais le style devient vite plus fluide ; celui-ci pourra d’ailleurs être rapproché de celui de Gabriel Rodriguez sur Locke & Key. Pas de chocs visuels pour autant, mais un petit souffle intéressant pour lancer une série inattendue. Ce style est poursuivi par Eric J dans le webcomic (publié en fin de volume) autour d’une enquête de frère Matthieu.

Un monde uchronique cohérent, une trame magique intrigante et des graphismes qui affirment un style particulier : Rex Mundi mérite qu’on lui donne sa chance. Rex Mundi est ainsi une belle découverte à faire : sans grandiloquence ni informations inutiles, le scénario nous porte de découvertes étranges en péripéties à peine attendues, tandis que le dessin joue crânement son rôle de mise en lumière des intrigues. La série se clôt en quatre volumes déjà publiés, ce qui peut toujours être un motif supplémentaire de motivation.

Autres critiques : Yaneck (Chroniques de l’Invisible)