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Titre : Extra pure : Voyage dans l’économie de la cocaïne
Auteur : Roberto Saviano
Éditeur : Gallimard Hors série Connaissance Trad. de l’italien par Vincent Raynaud
Date de publication : 16 octobre 2014

Synopsis : «Se plonger dans les histoires de drogue est l’unique point de vue qui m’ait permis de comprendre vraiment les choses. Observer les faiblesses humaines, la physiologie du pouvoir, la fragilité des relations, l’inconsistance des liens, la force colossale de l’argent et de la férocité. L’impuissance absolue de tous les enseignements mettant en valeur la beauté et la justice, ceux dont je me suis nourri. Je me suis aperçu que la coke était l’axe autour duquel tout tournait. La blessure avait un seul nom. Cocaïne. La carte du monde était certes dessinée par le pétrole, le noir, celui dont nous sommes habitués à parler, mais aussi par le pétrole blanc, comme l’appellent les parrains nigérians. La carte du monde est tracée par le carburant, celui des mœurs et des corps. Le pétrole est le carburant des moteurs, la coke celui des corps.»

Note 3.0

La peur et le respect avancent main dans la main, ce sont les deux faces d’une même médaille : celle du pouvoir.

Une fois refermé « Extra Pure », des questions viennent tout de suite à l’esprit, d’où vient cet envie de croisade ? Les risques pris par Saviano en valent-t-ils vraiment la chandelle tant le combat semble perdu d’avance ?

Car le livre égrène jusqu’à plus soif toute une liste de noms, de familles, tout un lot de meurtres, de tortures, d’exactions abominables et terrifiantes. Des pages et des pages de guerre de clans, de pressions, d’horreurs insoutenables. Saviano patiemment, méthodiquement remonte aux origines du mal, Il y a certainement plus de morts que de mots dans cette terrifiante plongée. Il m’a fallut sortir plusieurs fois du livre, pas par écœurement mais plus par un certain ennui car tout ce flot d’informations finit par lasser et demeurer assez vain pour le lecteur candide.

Avec au final une ultime question, les ramifications du mal semblent d’une telle ampleur, y a t-il un remède à tant de maux ? Le travail de Saviano est salutaire mais aussi, j’en ai peur, vain.