Les élus du changelin

Titre : Les enfants du fleuve
Cycle : Les élus du Changelin, tome 1
Auteur : Greg Keyes
Éditeur : Fleuve noir / Pocket
Date de publication : 2009 / 2011

Synopsis :  Le sang du dieu Fleuve coule dans les veines de la famille royale de Nhol. Hezhi, la plus jeune princesse, a bien du mal à comprendre la religion obscure qui gouverne son existence et celle de son peuple. Isolée dans le palais loin des siens, elle craint désormais pour sa vie. Son cousin vient en effet d’être enlevé par les prêtres du Fleuve, puis conduit de force sous les fondations de la cité. Avec l’aide d’un vieil archiviste acariâtre, elle est prête à tout pour découvrir si D’en a été sacrifié… et dans quel but. Ailleurs dans le royaume, vit Perkar, un guerrier amoureux d’une déesse menacée par le dieu Fleuve. Décidé à sauver celle qu’il aime, sa quête le mène vers Nhol. Sans le savoir, les deux adolescents se sont déjà rencontrés : dans leurs cauchemars empreints de sang et de magie…

Note 4.0

 La Déesse de la Rivière je suis
Longue chevelure cascadant depuis les collines
Longs bras tendus en direction de la vallée
Gonflée, je coule à travers l’herbe rase
Où les chevaux sauvages s’abreuvent de moi
C’est là que je prends fin, je continue de m’écouler
Mais je ne suis plus la même, plus la jeune femme
Je suis le Vieil Homme, là-bas
Et tous ont peur de moi.

 

Après des séries telles que « L’âge de la déraison », une uchronie sur le monde du XIXe siècle, ou bien « Les royaumes d’épines et d’os », Greg Keyes nous offre avec « Les élus du Changelin » un remarquable diptyque qui se distingue par sa grande originalité. Le lecteur y découvre le destin de deux personnages, la jeune Hezhi, princesse de la famille royale de Nhol dans laquelle coule le sang du dieu Fleuve et vivant une vie protégée et solitaire dans son immense palais, et Perkar, guerrier miséreux en quête de gloire résidant dans une terre lointaine. Si tout semble les opposer, nos deux protagonistes ne sont pourtant pas si différents et vont se retrouver unis par leur haine du dieu Fleuve. La première parce qu’elle lui impute la mystérieuse mort de son bien-aimé cousin, le second parce qu’il menace l’existence de son amour, un esprit des eaux dépendant du Fleuve dont il s’est éprit. Tous deux s’engagent alors dans des quêtes bien différentes mais aussi dangereuses et incertaines l’une que l’autre.

L’intrigue est alléchante et ne manque pas de se montrer captivante du début à la fin. Les personnages sont pour leur part particulièrement réussis, à commencer par les deux protagonistes : Hezhi, jeune fille solitaire et un peu rebelle en quête de connaissance, et Perkar, jeune guerrier impétueux avide de faire ses preuves et plein de bonnes intentions mais dont les décisions sont souvent prises sous le coup de la colère ou de l’entêtement. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, qu’il s’agisse de Ghan, vieil archiviste acariâtre mais plein de sagesse et très attachant, de Tsem, l’ombre d’Hezhi, ou encore du perfide et manipulateur Yen. Le plus grand atout du roman reste toutefois le décor, l’auteur nous plongeant dans un univers passionnant qui, par certains côtés, n’est pas sans rappeler la civilisation mésopotamienne antique, avec sa capitale cosmopolite regorgeant de richesse et cernée par une végétation luxuriante. Les passages consacrées à certaines tribus ou peuplades aux conditions de vie un peu plus archaïques semblent quant à eux davantage emprunter aux croyances des Indiens d’Amérique (dont l’auteur possède une solide connaissance).

 

Avec « Les enfants du fleuve », Greg Keyes nous offre à nouveau un roman de qualité qui ne manquera pas de ravir les amateurs d’une fantasy un peu plus exotique. Une excellente découverte qui se poursuit avec le second et dernier tome, « Le Dieu Noir ».

Voir aussi : Tome 2