Super-Héros

Avengers : L’Ère d’Ultron

Avengers 2 L'Ere d'Ultron Affiche

Titre : Avengers : L’Ère d’Ultron (Avengers : Age of Ultron)
Cycle : 5e et avant-dernier film de la Phase 2 de l’Univers Cinématographique Marvel
Réalisateur : Joss Whedon
Acteurs principaux : Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Jérémy Renner, Elizabeth Olsen, Aaron Taylor-Johnson, Samuel Lee Jackson, Cobie Smulders, Anthony Mackie, Paul Bettany, James Spader, etc.
Budget : 250 M$
Date de sortie française : 22 avril 2015 (1er mai aux États-Unis)

Synopsis : Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine. Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…

Note 4.0

– Stark avait raison.
– Alors c’est l’apocalypse.

Avengers : L’Ère d’Ultron est clairement un film à voir quand on suit, de près ou de loin, les films super-héroïques, alors même qu’il est bien moins super-héroïque que beaucoup de ses camarades filmiques.

Avec tous les superlatifs habituels, Avengers : L’Ère d’Ultron s’exposait à beaucoup de déception vis-à-vis des spectateurs et nous pourrions tout à fait comprendre qu’un certain nombre le soit. Bon, honnêtement, une majeure partie ira le voir par habitude, une autre par mode et peut-être bien d’autres sans trop savoir ce qu’ils vont voir ; pour autant, cet « Avengers 2 » se pose comme un condensé diablement dense de tout ce que contient (pour l’instant) l’univers cinématographique Marvel. Comme cela est souligné dans le film, nous sommes à la fois à la fin d’une époque et au début d’une autre : clairement, ce film est la charnière qui soutient tous les rouages posés et à venir de cet univers multimédia. Pour autant, c’est vraiment la psychologie des personnages que Joss Whedon arrive à fouiller : Iron Man se détraque progressivement, Captain America est une bête (de combat), Thor n’a jamais été aussi divin, faillible mais divin ; Hulk et Black Widow sont touchants à souhait, et Hawkeye, on n’y revient juste après car son cas est très intéressant.

Au lieu de faire un « Avengers bis », Joss Whedon avait prévu dès le départ (c’est-à-dire avant même la sortie du premier opus, si vous avez suivi son actualité) qu’il ne servirait à rien de tenter de faire plus gros, plus vite et plus fort. Là où le premier est un symphonie réglée au cordeau faite de hauts et de bas savamment orchestrés et de une ou deux scènes jouissives (dont le fameux plan-séquence de la bataille finale), ce deuxième opus est davantage dans une partition très dense et surtout continuellement au top qui débute (un plan-séquence forcément décalé mais diablement puissant ouvre le long-métrage et on est direct dans l’ambiance !) : les temps morts sont rares, les temps faibles absents. Là où le premier opus misait sur un Iron Man omniprésent, drôle et dominateur, ce deuxième opus est centré sur une équipe en mouvement constant, sur les interactions et où Thor est le meilleur trublion du groupe. Là encore où le premier évinçait le personnage de Hawkeye / Clint Barton (Jérémy Renner), le deuxième nous réserve bien des surprises le concernant (même s’il est encore bien morne et trop détaché) au point d’en faire le seul humain du groupe (oui, même la Veuve Noire se qualifie de « monstre » et on la comprend) et surtout le seul angle de vue crédible pour nous, humbles spectateurs ! Enfin, là où le premier film nous exposait une bataille plutôt simple et réconfortante, cette suite est complexe, positivement agressive et mise sur des sentiments complexes (l’amour est primordial, les dialogues whedoniens créent des pauses salvatrices et même productrices de bons effets, la ligne Bien – Mal s’effrite). Notons que le grand méchant, Ultron, bénéficie d’origines remaniées, logiques surtout, et d’un morphing très intéressant autour de la performance vocale de James Spader, toutefois la scène finale lui vole légèrement la vedette, mais ce n’est rien à côté de l’être incarné par Paul Bettany qui nous réserve une belle surprise et donne rendez-vous pour la suite qui s’annonce alléchante !

Le fait d’avoir un monde désormais extensible à l’infini est visible dans la construction du film : un peu à la James Bond, nous sautons d’un coin du globe à l’autre avec une certaine facilité, évidemment. Bien sûr, les allusions se font aussi monnaie courante et constituent même une marque de fabrique, alors pourquoi s’en priver ? Chaque personnage a droit à sa sous-intrigue, même jusqu’aux dernières secondes du film, et cela permet de lier les films déjà parus et les films à paraître, avec des caméos vraiment non négligeables (Idris Elba, Hayley Atwell et bien d’autres, le casting n’en est que plus pléthorique encore). Ainsi, le Wakanda est presque visité avec un invité de marque que je n’attendais pas (l’acteur, pas le personnage, que nous reverrons d’ailleurs) ; Thor prépare Ragnarök dans la douleur ; Iron Man (dont le troisième film semble être, lui, complètement zappé, exception notable) peaufine son antagonisme avec Captain America même si leurs rôles sont relativement clairs ; Hulk suit son propre chemin pour son plus grand bien ; Black Widow affronte ses démons à sa façon ; et tant d’autres personnages voient leur destin se façonner en bien ou en mal pour eux (comme d’habitude, aucun spoiler dans nos critiques). Dans un ultime clin d’œil, Joss Whedon glisse le fameux « Excelsior » lancé par Stan Lee himself dans une apparition quasi parfaite (rappelons que c’était un regret du premier opus la scène de Stan Lee). Bref, *toujours plus haut* donc ! Pour tous les détails subversifs et spoilants à souhait, je ne peux que vous conseiller cette liste d’easter eggs, ce détail de la scène post-générique et ce guide des Armures d’Iron Man très complet

Somme toute, malgré ses défauts, Avengers : L’Ère d’Ultron brille avant tout par la maîtrise nécessaire à Joss Whedon pour faire tenir autant d’éléments en 2h20 d’un film captivant et loquace. Chapeau ! Il mérite bien du repos, désormais.

Voir aussi : Thor : Le Monde des ténèbres ; Captain America : Winter Soldier ; Les Gardiens de la Galaxie

Autres critiques : Geek Tonic, Jean-Philippe Brun (L’Ours inculte), Jeff Ze Wanderer (Comic Talk), ComixHeroes, Kimysmile (By Kimysmile), Lucas (CritiComics), Les Toiles Héroïques, Lhisbei (RSF Blog), Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Maedhros909 (Lire, voir, jouer, écouter, découvrir), Marvell (Le Blog de Marvell) et Un odieux Connard (pour « Avengers : L’Ère Georges Tron »)

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine. Membre fondateur du Bibliocosme.

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