Aube de fer

Titre : Aube de fer
Auteur : Matthew Woodring Stover
Éditeur : L’Atalante
Date de publication : 2002

Synopsis : La Méditerranée orientale a vibré aux exploits des héros grecs sous les murs de Troie. Désormais cette guerre est finie. La bouillant Akkhileus est mort. Troie gît sous les cendres. L’armée des Achéenes s’est dispersée. Farouche princesse picte de l’île de la Puissante, Barra est arrivée trop tard. Elle s’est faite mercenaire et parcourt la côte et la mer, en quête d’une bonne fortune; son habilité à la hache a fait sa réputation. A l’issue d’une saison calamiteuse, elle rentre enfin à Tyr, sa patrie d’adoption, en compagnie de Leucas, le guerrier géant athénien, et de l’Egyptien Khépéru, adepte nauséabond des arts de la magie. Mais Tyr, dans la province égyptienne de Phénicie, est menacée par une guerre souterraine où les malédictions et la sorcellerie se déchaînent, une guerre qui tait son nom. Laquelle des grande Maisons princières du commerce phénicien entretient-elle un mystérieux et redoutable nécromancien ? Bien contre leur gré, Barra, Leucas et Khépéru se retrouvent mêlés à un conflit où ils ont tout à perdre et sans doute peu à gagner.

Note 4.0

Les récits des Achéens narrant les combats épiques livrés de part et d’autre par les fils et petits-fils de dieux, Aiantès, Diomédès, Odysseus, Agamemnon, Ménélaos le roi rouge, Hektor et Aénas, Sarpédon et Penthésilée, reine des Amazones, avaient commencé d’infiltrer le Bazar. (…) De tous les regrets qui la rongeaient lorsqu’elle regardait en arrière, le plus cuisant était d’avoir raté cette occasion : voir les grands héros achéens et troyens combattre devant les murailles de Troie élevées par les dieux.

 

Avec « Aube de fer », Matthew Woodring Stover nous propose de suivre les aventures d’un petit groupe de mercenaires offrant leurs services dans la partie orientale de la Méditerranée peu après la fin de la mythique guerre de Troie. Le choix de situer l’action au cœur de la période antique et après les événements bien connus relatés dans l’Iliade apporte une indéniable originalité au roman. Il en va de même de celui de restreindre l’action à la seule ville de Tyr et à son bazar dans lesquels se cachent bon nombre de mystères et de dangers qui n’ont pas fini d’en faire baver à nos héros. L’intrigue n’est certes pas d’une très grande complexité mais est parfaitement maîtrisée par l’auteur qui nous embarque finalement assez aisément dans cette histoire de magie noire, de farouches guerriers et de complots politiques machiavéliques orchestrés par les différentes acteurs luttant pour asseoir leur pouvoir dans la région.

Les personnages sont pour leur part tous très attachants, qu’il s’agisse de Barra, téméraire guerrière picte à l’esprit vif et à la langue bien pendue, de Leucas, placide guerrier athénien et vétéran de la guerre de Troie, ou encore de Khépéru, égyptien opportuniste et adepte de sorcellerie. L’action se déroule sans temps mort et c’est avec plaisir que l’on suit l’enquête menée par ces aventuriers au sein de la ville de Tyr ainsi que leurs efforts pour ne pas se laisser engluer dans les multiples intrigues politiques animant les différentes grandes maisons de la cité. Une très bonne découverte qui donne envie de retrouver Barra et ses compagnons dans d’autres aventures. Une suite est d’ailleurs bel et bien parue même si elle n’a malheureusement, à ce jour, pas encore été traduite en français.

 

Un très bon roman mettant en scène des protagonistes dignes d’intérêt dans un décor antique habilement reconstitué et très immersif. C’est avec grand plaisir que je découvrais les autres écrits de l’auteur, bien que, comme signalé plus haut, beaucoup n’ont pas encore été traduit en France.

Autres critiques : Apophis (Le culte d’Apophis)