La maison des mages

Titre : La maison des mages
Auteur : Adrien Tomas
Éditeur : Mnémos
Date de publication : 2014

Synopsis : Quand le Bien et le Mal n’existent pas, seuls restent les choix. Tiul est le plus mauvais étudiant de La Maison des mages, plus intéressé par les filles des tavernes que par l’art qui permet à ses confrères de manipuler les forces de ce monde. Anthalus est un mercenaire de bas étage qui vit au jour le jour entre tueries et trahisons. Qiruë, craintive et chétive, est la dernière représentante du peuple moribond et décadent des Elfes, méprisée et haïe par ses supérieurs. Alishr est un jeune écuyer malingre qui rêve de devenir paladin, malgré les brimades et l’ostracisme dont il est la victime. Ce ne sont pas des héros, et il est probable qu’ils ne le deviennent jamais. Pourtant, alors que la mystérieuse Maison des mages, qui apporte aide et éducation aux populations, tisse son réseau tentaculaire au cœur des Six Royaumes, le destin du monde va heurter le leur de plein fouet et les jeter face à des forces magiques aussi anciennes que l’univers. C’est avec et contre elles qu’ils devront écrire la légende des siècles à venir.

Note 2.5

Le mancien avait remplacé par bonheur sa robe devenue rose pâle par une tunique et des pantalons, et avait assommé tout le monde avec l’imbécillité des fondateurs de la Maison des Mages pour avoir choisi la robe comme uniforme : Non mais vraiment, qui prend au sérieux des types qui se baladent habillés en femmes ? Et pour courir, franchement ! Il faut retrousser sa jupe comme une pucelle fuyant un garçon de ferme trop entreprenant.

 

Après avoir été récompensé en 2012 par le prix des Imaginales pour son premier roman, Adrien Tomas renoue ici avec le même univers que l’on découvre (ou retrouve) plusieurs siècles après les événements relatés dans « La geste du Sixième Royaume ». Cette fois, c’est une organisation magique qui fait des siennes, la « maison des mages », bien décidée à ce que son influence supplante toutes celles des autres formes de magie. Ne pas avoir lu le précédent roman de l’auteur a sans doute participé à rendre plus difficile mon immersion dans cet univers des Six Royaumes pour lequel j’ai, dans un premier temps, eu beaucoup de mal à me passionner. Il faut dire aussi que la première partie du roman est un peu indigeste, l’auteur multipliant les personnages et les points de vue par le biais de chapitres trop courts pour qu’on ait le temps de s’attacher aux personnages ou même de seulement bien comprendre à qui on a affaire et où on se trouve. A cela s’ajoute un univers peu original dans lequel on retrouve la plupart des éléments classiques de la fantasy « traditionnelle » à savoir une elfe, un nain et un magicien cherchant à déjouer les plans d’un super vilain contre lequel toutes les races vont devoir s’allier malgré leurs différents.

L’intrigue peine à se mettre en marche et on peut regretter quelques péripéties un peu tirées par les cheveux ou trop simplistes. La transformation d’un roi faible et incompétent en leader charismatique et brillant en un laps de temps record est notamment quelque chose que l’on retrouve souvent dans les ouvrages de fantasy et qui m’a toujours agacée. Il faut cependant admettre que certains rebondissements sont relativement bien amenés et parviennent à plusieurs reprises à agréablement surprendre le lecteur. C’est notamment le cas dans la seconde partie du roman qui se fait dans l’ensemble beaucoup plus passionnante que la première. Le rythme se fait plus soutenu, les pièces du puzzle se mettent assez en place pour que l’on commence à comprendre où l’on va, et les nombreux personnages nous deviennent au fil des pages plus familiers, à défaut de véritablement attachants. Quelques uns parviennent cela dit à nous émouvoir, notamment le groupe de jeunes écuyers ayant échappé à la purge de leur ordre ou encore le mercenaire nain au mauvais caractère exilé par son peuple.

 

Je ressors avec un sentiment mitigé de cette lecture qui, de plutôt pénible au début, parvient une fois la grosse phase introductive passée à se faire plus divertissante. L’univers élaboré par Adrien Tomas n’est pas dénué d’intérêt mais reste cependant trop peu original pour vraiment susciter de l’engouement. Je conseillerais plutôt à ceux qui souhaiteraient découvrir l’auteur de se plonger dans son dernier roman en date (« Notre-Dame des loups ») qui, lui, sort davantage des sentiers battus.