Batman Eternal, tome 1

Titre : Batman Eternal, tome 1
Série : Batman Eternal, tome 1
Scénaristes : Scott Snyder, James Tynion IV, John Layman, Ray Fawkes et Tim Seeley
Dessinateurs : Jason Fabok, Dustin Nguyen, Andy Clarke, Trevor McCarthy, Emanuel Simeoni, Guillem March, Riccardo Burchielli, Ian Bertram, Mikel Janin et Guillermo Ortego
Éditeur : Urban Comics (DC Renaissance)
Date de publication : 6 mars 2015 (2014 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Après une arrestation spectaculaire, l’impensable se produit lorsque l’incorruptible James Gordon se retrouve condamné pour bavure ! Le plus ancien allié de Batman se retrouve derrière les barreaux, alors que le mafieux Carmine Falcone réapparaît, bien décidé à débarrasser Gotham des « monstres » justiciers ou criminels. Tous ces événements convergent vers une machination tentaculaire…

Note 2.5

Je vais finir. Reprendre Gotham. Mettre fin à tout ce cirque. Pingouins… chats… et chauve-souris vont rentrer au zoo.

Batman Eternal, rien que le titre fait rêver ! Urban Comics publie en albums cartonnés une des trois séries hebdomadaires lancées par DC Comics en 2014. Il s’agit ici pour Scott Snyder et James Tynion IV de brosser un panorama de Gotham en période de crise aigüe, tout en sautant de personnage en personnage.

Qu’il devient difficile d’apprécier l’impact de Scott Snyder (et de son acolyte James Tynion IV) sur Batman et son univers ! L’auteur se gargarise de ses propres histoires (L’An Zéro étant cité comme un fait majeur de Gotham, or pouvons-nous imaginer que ce titre soit resté dans la mémoire collective des habitants ?) ; l’usage de la traditionnelle Harper Row (vous sentez encore la copie d’un autre side-kick connu sous le nom de Roy Harper ?… eh bien, elle est toujours aussi présente sans faire grand-chose, pour l’instant) est tout autant agaçant et dénué d’un véritable intérêt. Ok, Scott Snyder se dit très fan du travail de Frank Miller, mais là l’histoire de la guerre des gangs dans Gotham issue de celle ayant fait rage à Hong Kong, c’est clairement du « foutage de g*eule » ! Attendez-vous donc à croiser, aux côtés ou plutôt face à Batman, un véritable Caïd et une pseudo-Elektra, ni plus ni moins ! Pour le reste, le scénario emprunte un peu à Batman R.I.P. et à Batman Incorporated, Grant Morrison en force donc, mais encore faut-il le savoir, car Scott Snyder fait encore plus que frôler le plagiat. Quand on s’intéresse, en plus, à l’aspect stylistique de l’écriture, l’utilisation à outrance des « plus tard », « tant d’heures plus tôt », « dans tel endroit » ou pire « cependant, quelque part au Brésil » énerve au plus haut point, car si le scénario est bien ficelé, le lecteur s’en rendra bien compte, pas besoin de mâcher tout le travail en le prenant pour un idiot ! Je crois qu’il va donc falloir stopper Scott Snyder sur la destinée de Batman car on tourne en rond et la moindre once d’espoir nous déçoit quand on retombe sur des ficelles énormes et une construction pataude. Alors que quand on passe à un scénario de quelqu’un d’autre, Tim Seeley par exemple, l’épisode concerné est déjà plus frais (sans être fabuleux), alors même que l’histoire est bien sûr toujours ficelée par Scott Snyder et son acolyte-disciple James Tynion IV.

Bien sûr, ne boudons pas notre plaisir de lire (encore) une histoire « chorale » dans l’univers de Gotham ; certes, c’est bien un panorama (incomplet pour ma part) de tout ce qui peut se passer à Gotham en peu de temps, mais Scott Snyder et James Tynion IV, dans leur histoire structurant tout le récit du début à la fin, ne laissent aucune place à la fantaisie. Notons, heureusement quand même, l’intervention récurrente de personnages féminins et d’un policier plus jeune, une fois le commissaire Gordon mis de côté. La première intrigue est efficace, mais elle est largement gommée par le reste des détails scénaristiques plus que douteux : le commissaire Gordon vit vraiment une aventure nouvelle, une expérience dont on se doute qu’il ne se relèvera pas d’un coup d’un seul.

Du point de vue graphique, il est très difficile de faire élaborer à un seul artiste un comics chaque semaine, donc les artistes se succèdent par pelletée dans ce volume. Nous enchaînons, qui plus est, des styles graphiques très différents : même si cela se justifie pleinement par la publication hebdomadaire de cette série et que certains s’appliquent vraiment beaucoup, la cohérence d’ensemble est encore à définir sur ce titre amené à durer un certain nombre de numéros.

Autres critiques : Kameyoko (Fant’Asie), Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible) et Yvan Tilleul (Sin City)