Au coeur des ténèbres

Titre : Au cœur des ténèbres
Scénariste : Stéphane Miquel
Dessinateur : Loïc Godart
Éditeur : Soleil (collection Noctambule)
Date de publication : 2014

Synopsis : Au cœur des ténèbres relate le voyage de Charles Marlow, un jeune officier de la marine marchande britannique, qui remonte le cours d’un fleuve au cœur de l’Afrique noire. Le périple se présente comme un lent éloignement de la civilisation et de l’humanité vers les aspects les plus sauvages et primitifs de l’homme.

Note 2.0

Nous vivons comme nous rêvons. Seuls.

 

Vous voulez découvrir ou re-découvrir sous un autre jour les plus grands classiques littéraires des XIXe et XXe siècles ? Alors vous allez adorer la collection Noctambule qui se propose depuis plusieurs années d’adapter certaines de ces œuvres majeures en bande dessinée. Après le « Moby Dick » de Melville ou encore « Le loup des mers » de Jack London, c’est au tour de Joseph Conrad et de son « Au cœur des ténèbres » de faire l’objet d’une adaptation en image qui, en ce qui me concerne, ne m’a pas autant enthousiasmé que les précédents ouvrages de la même collection que j’ai pu découvrir jusqu’à présent. De même que le roman d’origine, la bande dessinée met en scène le jeune Charles Marlow, officier de marine marchande membre d’une expédition chargée de remonter le cours d’un fleuve africain afin de retrouver un certain Kurtz, directeur d’un comptoir au cœur de la jungle et responsable de la majorité de l’exploitation de l’ivoire dans la région. Au fil du fleuve, le narrateur s’éloigne de la civilisation et se retrouve confronté aux mœurs primitifs des indigènes et surtout à la personnalité très particulière du fameux Kurtz qui va avoir sur lui une lourde influence.

Au coeur des ténèbres planche 2

Le premier reproche que j’aurais à formuler concerne les graphismes de Loïc Godart auxquels je n’ai pas du tout été sensible. Les couleurs sont trop pâles et uniformes, les traits des personnages peu expressifs et surtout les paysages guère évocateurs. On peine donc à s’immerger dans le récit et à éprouver une quelconque empathie pour les personnages. De même, si le scénario de Stéphane Miquel respecte sans doute parfaitement la trame d’origine, les lecteurs qui, comme moi, n’auraient pas lu l’œuvre de Conrad avant de découvrir la bande dessinée pourront éprouver quelques difficultés à se sentir concernés par l’aventure de ce Charles Marlow. Certaines transitions sont également parfois un peu brusques, voire incongrues. L’ouvrage a toutefois le mérite de nous dévoiler les dessous de la colonisation en Afrique et toutes les horreurs qui en découlent, à commencer par l’esclavage des populations locales et le pillage des ressources naturelles du pays. Comme Stéphane Miquel le fait remarquer dans ses notes à la fin de l’ouvrage, Conrad reste toutefois un « homme de son temps » et certaines de ses réflexions concernant l’impérialisme, les Africains ou encore les femmes qu’il faudrait laisser à leur « monde ingénu » peuvent interpeller le lecteur, en dépit de la profondeur de la réflexion proposée.

Au coeur des ténèbres planche 1

Si, au vue des divers avis que j’ai pu lire, cette adaptation d’ « Au cœur des ténèbres » est bien parvenue à capturer l’essence du roman de Conrad, elle reste malgré tout assez difficile d’accès pour les lecteurs qui n’auraient pas déjà fait l’expérience du récit d’origine. Dommage…