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Titre : Soliman le Magnifique
Scénaristes : Clotilde Bruneau, Christian Pacuraciu
Dessinateur : Esteban Mathieu
Éditeur : Glénat (collection « Ils ont fait l’histoire »)
Date de publication : 2015 (janvier)

Synopsis : Pendant près d’un demi-siècle, Soliman le magnifique est l’un des hommes les plus puissants du monde et plus redouté. Après les grandes victoires qui inaugurent son règne et tiennent tous ses adversaires en respect, en Orient comme en Europe, le temps de Soliman est celui de l’apogée de l’Empire ottoman, de sa cour fastueuse et de sa capitale, la mythique Istanbul. Mais son long règne voit resurgir les difficultés : les menaces aux frontières, l’ambition de ses fils, la mort de son unique amour. Le vieux sultan doit reprendre le chemin de la guerre et préparer dans le sang de ses propres enfants l’avenir de sa dynastie.

Note 4.0

Le canon de la loi doit toujours succéder au fracas des armes. […] Même si j’ai toujours admiré Alexandre le Grand, je ne referai pas ses erreurs.

 

S’il y a bien un sultan issu de la dynastie ottomane qui aura durablement marqué à la fois l’Orient et l’Occident, c’est bien Soliman le Magnifique. Un règne long de quarante-cinq ans, des victoires retentissantes, un amour passionné, des constructions monumentales : le souverain enflamme l’imagination et on comprend sans mal pourquoi les éditions Glénat ont choisi de lui dédier un album de la collection « Ils ont fait l’histoire » consacrée aux grandes figures historiques, toute époque et toute civilisation confondues. Il était évidemment impossible de revenir sur l’ensemble du long règne du sultan dans un seul album, aussi les scénaristes ont-ils décidé de ne se focaliser que sur la dernière partie de son règne, soit les années 1553 à 1566. Et il y a déjà bien assez de matière, ou du moins suffisamment pour que soit abordé l’essentiel de la personnalité et des actions de ce sultan fin tacticien et amateur d’art mais aussi impitoyable, y compris à l’égard des membres de sa propre famille. Pour tout le reste, notamment la montée au pourvoir de Soliman, ses grandes victoires remportées au début de son règne ou encore des éléments propres à la culture ou à la politique ottomane de l’époque, l’ouvrage propose comme souvent un dossier très complet réalisé par un historien et abordant ces différents points plus en détail.

Soliman le Magnifique planche 1

Les auteurs soulignent efficacement l’importance du règne de Soliman pour l’empire ottoman pour qui cette période s’apparente aujourd’hui encore à un âge d’or malheureusement vite révolu après la mort du souverain. La bande dessinée revient aussi et surtout sur les obstacles qui se sont dressés sur la route du sultan (les mêmes tout au long de son règne), à savoir le shah de Perse et l’empereur de Habsbourg (d’abord Charles Quint puis Frédéric). L’ouvrage nous donne aussi un aperçu des relations entretenues par le souverain avec ses proches (la belle Roxelane, notamment) et revient au cours de plusieurs scènes sur une des coutumes les plus sanglantes de la dynastie ottomane : le fratricide. Soliman n’aura toutefois pas à se préoccuper d’un quelconque conflit entre ses fils puisqu’il en fera lui-même exécuter deux pour trahison. Les graphismes sont pour leur part très réalistes. L’utilisation de couleurs très chaudes et la qualité des planches représentants la ville de Constantinople garantissent un dépaysement instantané. Les scènes de bataille sont aussi très impressionnantes, qu’il s’agisse de celles mettant en scène les attaques d’artillerie (Soliman possédait alors la plus sophistiquée de l’époque) ou de celles représentant les charges de cavalerie ou encore les combats au corps à corps.

Soliman le Magnifique planche 2

Un album très réussi consacré à une figure majeure du XVIe siècle qui sera parvenu à laisser une empreinte durable aussi bien en Orient qu’en Occident. La bande dessinée ne s’attarde que sur les dernières années du sultan mais parvient néanmoins à dresser un portrait assez complet du règne Soliman et des événements ou personnalités qui marquèrent sa vie, amis comme ennemis. Encore un bel album a mettre sur le compte de la collection « Ils ont fait l’histoire ».