Le dernier des mohicans

Titre : Le dernier des Mohicans
Scénariste : Cromwell & Catmalou
Dessinateur : Cromwell
Éditeur : Soleil (collection Noctambule)
Date de publication : 2010

Synopsis : 1757, Français et Anglais se disputent l’appropriation des territoires indiens. Au cœur de cette guerre, un jeune officier est chargé de conduire les filles du colonel Munro jusqu’à leur père. Sur la route vers le fort William Henry, les deux sœurs et leur escorte sont victimes d’une embuscade et ne doivent leur salut qu’à l’intervention de trois hommes : Œil-de-Faucon, le chasseur blanc élevé par les indiens, et ses deux amis mohicans, le chef Chingachgook et son fils Uncas.

Note 4.0

 

Milieu du XVIIIe siècle. Les Français et les Anglais se battent pour l’appropriation des territoires indiens. Parmi les nombreux affrontements entre les deux nations, la bataille de Fort William Henry opposant les troupes du français Montcalm au britannique Munro reste sans doute la plus célèbre car immortalisée par James Fenimore Cooper dans son roman « Le dernier des Mohicans » qui a depuis fait l’objet de nombreuses adaptations, notamment cinématographiques (ah, Daniel Day Lewis…!). Cromwell y est lui aussi allé de son adaptation, mais cette fois en bande dessinée et le résultat est plus qu’à la hauteur. On y retrouve toutes les scènes clés du roman même si le récit se fait beaucoup plus rythmé, peut-être d’ailleurs un peu trop ce qui peut parfois gêner le lecteur pour la compréhension de l’histoire. C’est malgré tout un plaisir de découvrir en image Oeil-de-Faucon, les deux Mohicans Chingachgook et Uncas, les belles filles du colonel Munro ou encore l’impressionnant Magua.

Le dernier des mohicans planche 1

L’intérêt de l’ouvrage tient en effet moins à la qualité du scénario qu’à celle des graphismes qui réussissent parfaitement à nous déconnecter de la réalité pour nous faire basculer dans cet univers inquiétant et sauvage où l’on sent bien que les Occidentaux ne sont pas vraiment à leur place. L’aspect peinture rupestre et l’utilisation de couleurs très chaudes mais assombries contribuent à créer cette ambiance un peu oppressante et ne font que souligner davantage la sauvagerie de ces territoires nord-américains mais aussi et surtout la violence omniprésente dans tous le récit. Les scènes de combat sont particulièrement réussies, mais là où les graphismes se font les plus saisissants, c’est lorsqu’ils représentent les Indiens desquels se dégagent une étrangeté et une sauvagerie presque palpables. Les premières planches sous forme de portraits en gros plan nous présentant succinctement les différents protagonistes au début de l’ouvrage sont particulièrement magnifiques.

Le dernier des mohicans planche 2

Une adaptation réussie qui séduit avant tout par la qualité de ses graphismes qui nous plongent efficacement dans cette histoire sombre et violente que l’on découvre ou redécouvre ici avec plaisir. Encore un beau succès pour la collection Noctambule.