5 ronin

Titre : 5 Ronin
Scénariste : Peter Milligan
Dessinateurs : Tom Coker, Dalibor Talajic, Laurence Campbell, Goran Parloo et Leandro Fernandez
Éditeur : Panini Comics (100% Marvel)
Date de publication : 4 avril 2012 (2011 en VO chez Marvel Comics)

Synopsis : Un ronin immortel et sans pitié, un fou au visage balafré, un homme pacifique qui cache un monstre au fond de lui, une femme envoûtante capable de lire dans les pensées, un guerrier qui a perdu sa famille… Dans un Japon médiéval particulièrement dangereux, le chemin de ces cinq héros se croise à l’occasion d’une mission commune. Découvrez une surprenante épopée écrite par Peter Milligan et illustrée par quelques-uns des plus grands talents de la bande dessinée mondiale, Cette édition prestigieuse est agrémentée de bonus exclusifs.

Note 3.0

Toute chose créée est impermanente, soumise à la vie et à la mort. Celui qui est patient, docile, maître de lui, celui-là s’élèvera au-dessus de cette lutte incessante. Il trouvera le bonheur et la tranquillité.

Peter Milligan se fait accompagner de cinq dessinateurs pour nous servir ce quintet de héros solitaires qui composent la mini-série 5 Ronin. Celle-ci, avec son titre évocateur, se veut une relecture de cinq super-héros Marvel plus ou moins connus dans l’ambiance particulière du Japon médiéval. Nous allons suivre cinq ronin, cinq personnages tourmentés, suivant cinq voies différentes.


Sur la voie de l’Un, se trouve un Wolverine que la rumeur prétend immortel et qui traîne de bien lourds secrets. Illustré par Tom Coker, ce personnage lance l’intrigue, la Quête ultime du Daïmio. Sur la voie du Sage, se trouve un Hulk moine, qui contrôle sa colère dévastatrice dès qu’il s’agit de défendre le faible. Mise en image par Dalibor Talajic, l’intrigue prend un peu de recul pour intégrer la vie théoriquement loin des combats, les campagnes où on s’attend à être tranquille. Sur la voie du Samouraï, se trouve le solitaire Punisher, dézinguant à tout-va les mercenaires qui tentent de l’arrêter. Mis en mouvement par Laurence Campbell, ce personnage est le plus en accord avec l’intrigue car son essence même vient de cette mouvance vengeresse. Sur la voie du Papillon, se trouve Psylocke qui sauve l’honneur des femmes, réduites à la portion congrue. C’est Goran Parloo qui est chargée de montrer la grâce de la guerrière, tandis que l’intrigue se fait plus épaisse. Sur la voie du Fou, enfin, nous trouvons forcément un Deadpool errant dont l’action est toujours aussi dévastatrice et lourde de sens. Leandro Fernandez tente d’injecter alors de la folie dans son dessin.

Ici, bien sûr, les noms de super-héros ne sont pas mentionnés, pas non plus de super-pouvoirs mais de l’entraînement, de la volonté et un réalisme forcené dans l’explication des forces et faiblesses des personnages. Nous trouvons, bien sûr aussi, une certaine fascination pour le Japon médiéval, pour l’esprit « samouraï » et une relative inspiration du manga. Toutefois, c’est la quête ultime du Daïmio qui conduit et fédère, normalement, les cinq récits ; il faut pourtant attendre la fin du quatrième chapitre pour véritablement cerner les possibles rencontres entre ces différents personnages tout aussi solitaires les uns que les autres. Heureusement, quelques questionnements pointent quelquefois à l’horizon : c’est toujours plus simple de l’aborder avec des personnages torturés ayant beaucoup de remords à compenser, mais quand et où s’arrête la vengeance ? et comment apprendre à vivre à nouveau normalement une fois celle-ci accomplie par soi ou par un tiers ? Le rôle du pseudo-Punisher prend là tout son sens, étant donné ses origines habituelles dans l’univers Marvel qui tiennent à une vengeance constante du meurtre de sa famille par la mafia. Pourtant, c’est le pseudo-Deadpool qui remporte la palme de l’adaptation la plus réussie, car il est, par nature, un personnage en décalage et tient là une place de choix.

En fait, ce ne sont donc bien que des histoires de samouraïs, comme si le Japon médiéval ne se résumait qu’à ce personnage ultime, mais il faut reconnaître que cela correspond très bien aux héros Marvel choisis ici. Peter Milligan construit donc ici une mini-série atypique qui remplit le contrat qu’elle s’était donnée.

Autres critiques : Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible)