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Titre : Vostok
Auteur : Jean-Hugues Oppel
Éditeur : Rivages (Rivages/Noir)
Date de publication : 6 février 2013

Synopsis : Quelque part en Afrique, sous une chaleur étouffante, la société Métal-IK exploite les « terres rares », ces métaux stratégiques nécessaires à la haute technologie. Certaines multinationales, on le sait, ne sont pas très regardantes en matière de droit du travail. Aussi, lorsqu’une agence de l’ONU dépêche Tanya Lawrence sur place, elle n’est clairement pas la bienvenue. Face à l’hostilité générale, elle ne peut compter que sur Tony Donizzi, le guide que lui a assigné le consortium. Le climat s’alourdit vite dans la colonie minière de Métal-IK, alors qu’une autre menace, bien plus grande et moins perceptible, se profile…

Note 3.0

Un distributeur de boissons est à la disposition de tous dans ce que les architectes spécialisés en aménagement intérieur de locaux professionnels appellent un espace-détente. Pour bien créer un espace-détente il faut : une table basse, une banquette inconfortable et trois fauteuils assortis (le personnel ne doit pas s’attarder) installés dans un angle mort ou un renforcement de couloir au format mouchoir de poche (la plante verte est optionnelle).

Après Barjot ! et sa truculence sarcastique, il fallait bien que je me fasse un avis plus approfondi sur Jean-Hugues Oppel. Et son plus récent Vostok est tombé à point nommé.

Vostok met en scène Tanya Laurence, inspectrice des Nations Unies, en visite dans la société Métal-IK qui exploite les métaux rares au fin fond de l’Afrique. Huis-clos, climat aride et tensions politiques, il y a déjà du grain à moudre dans le synopsis de départ ! L’héroïne se voit affublé d’un garde du corps, Tony Donizzi dont la venue sur le site est louche, mais dont les compétences ne sont plus à prouver. Le fond de ce thriller est annoncé dès le départ par l’auteur dans l’intitulé de ses chapitres : un compte-à-rebours est lancé et personne ne sait encore d’où cela va éclater.

À grands coups d’ironie, de descriptions atypiques et de dialogues tranchants, Oppel prend un malin plaisir à dénoncer le cynisme des grandes multinationales, qui placent immanquablement leurs intérêts financiers devant les intérêts de leurs employés et de leur environnement, même proche. L’auteur dépose ça et là quelques conceptions écologiques, ce qui n’est pas désagréable, évidemment, d’autant plus qu’il le fait avec ses sous-entendus habituels sur la bêtise des règlements et l’ironie constante de nos dirigeants.

Bizarrement, la question finale après cette lecture pourrait être « L’important n’est-il pas d’aimer et de vivre heureux le temps qui nous est mis à disposition ? » Certains cherchent malgré tout à profiter de tout et de tout le monde, allez comprendre… C’est ça aussi du Oppel, dénoncer par un coup de gueule et, au fond, s’en foutre royalement !

Autres critiques : Yossarian (Sous les galets, la plage)