Les Gardiens de la Galaxie Affiche française

Titre : Les Gardiens de la Galaxie (The Guardians of the Galaxy)
Cycle : Univers cinématographique Marvel, Phase 2
Réalisateur : James Gunn
Acteurs principaux : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Bradley Cooper, Vin Diesel, Lee Pace, Michael Rooker, Karen Gillan, Djimon Hounsou, John C. Reilly, Glenn Close, Benicio Del Toro, Josh Brolin
Budget : 170 M$
Date de sortie française : 13 août 2014

Synopsis : Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être…

Note 3.0

« Hoocked on a Feeling » ! Avouez, vous repartez avec cette musique dans la tête en sortant de la salle de cinéma. Et c’est loin d’être la seule que l’on conserve en repartant, car malgré ses convenances, Les Gardiens de la Galaxie délivre une bonne dose de bonnes choses, dont de la bonne humeur, au sein de la compagnie de blockbusters que l’on se traîne depuis plusieurs années.

Ne nous emballons pas, ce film se fonde sur un scénario très convenu. Un héros meurtri, une équipe montée à la va-vite et une bataille finale mettant en jeu, forcément, le destin de la galaxie. De plus, nous avons ici la formation d’une équipe, avec tout ce que ça comporte comme clichés et obligations, donc forcément nous avons besoin d’un élément déclencheur (l’orbe, une Pierre de l’Infini), d’un élément fédérateur (l’argent, puis « être ami »…) et d’un élément ouvrant sur une éventuelle suite (d’ores et déjà annoncée pour 2017). Passé ce constat un brin cassant, retenons surtout que nous avons là des personnages motivants et déjantés, ainsi qu’un humour qui prend beaucoup de place. Celui-ci désamorce tout et rend les scènes épiques jouissives, les scènes qui auraient pu tourner au soap opera et également les rares scènes misant sur un discours des plus classiques. Bref, chaque cliché précédemment énoncé (dont la potentielle histoire d’amour entre Star-Lord et Gamora !) est détourné, découpé, tenaillé ou haché menu par une réplique cinglante, un gag visuel, un ton volontairement bourru ou cassant ou ironique : du tout bon en somme et surtout du constant. Dans cette optique, la musique, que tout le monde retiendra, prend toute sa place en venant toujours s’inscrire en tant que musique « diégétique » (également entendue par les personnages dans l’action) et en prenant comme référence quantité de morceaux des années 1970 et 1980. Ce sont les seules références à la planète Terre, tant mieux que ce soient elles, tant mieux que ce soient les seules.

L’équipe des Gardiens est hétéroclite et c’est sa force. Star-Lord est un enfant et Chris Pratt joue parfaitement ce registre désinvolte et fun, multipliant mimiques et déconnades pour coller aux répliques décalées du personnage. Gamora est plus en retrait, on la cerne moins, ses origines n’aidant pas, mais a le mérite de ne pas tomber dans trop de clichés féminins (l’avantage du film de science-fiction, les femmes ne sont pas traitées comme le sont d’habitude les humaines au cinéma). Drax est volontairement laissé de côté au début du film et est continuellement bâché pour ce décalage, mais les blagues sur son intellect sont suffisamment détournées et bien jouées par le catcheur Dave Bautista qu’on devine quelque chose de bien plus intéressant sous cette carapace terriblement charpentée. Restent les deux mascottes du film, les deux futures vedettes des magasins de jouets, les deux personnages au background le plus captivant à découvrir : Rocket, un raton laveur de l’espace adepte des armes à feu comme des explosions et à la voix de Bradley Cooper ; Groot, campé par Vin Diesel, aux pouvoirs immenses, mais à la sociabilité discutable.

De leur côté, trois stars sont vraiment sous-utilisées : Glenn Close pâle Nova Prime qui retrouve sa coupe « Cruella d’Enfer », Josh Brolin en un Thanos terriblement rigolard quand il s’agit de morts à prévoir et Benicio Del Toro pour un caméo scénaristiquement limité. Lee Pace en Ronan l’Accusateur a davantage de place, mais voit sa prestation réduite au bon vieux méchant classique (fanatique parce qu’il le faut bien), tel Malékith dans Thor : Le monde des ténèbres. En revanche, coup de cœur personnel pour Michael Rooker déchaîné en mercenaire de l’espace et accessoirement père de substitution pour Star-Lord, son accent redneck, sa crête métallique, ses mystères et sa flèche qui marche au sifflet (parfaite réécriture et adaptation de ce qu’on trouve dans les vieux comics où il apparaissait) font de lui le personnage le plus prenant !

Ce long-métrage tient évidemment énormément de son réalisateur, James Gunn, qui a pu contenter Marvel Studios tout en imposant son style, son humour et quantité de références simples mais efficaces dont il a le secret. Beaucoup voient dans de nombreuses références à Star Wars ; il y en a, certes, mais ce ne sont pas les plus flagrantes, puisque les allusions à Firefly ou à Indiana Jones frappent parfois bien plus efficacement le spectateur. Enfin, on appréciera surtout son traitement vraiment touchant de la relation mère-fils du héros, sans fioritures, sans racollage alors que ça aurait pu être un piège mortel pour lui au sein de ce déluge de gags tantôt faciles, tantôt recherchés, parfois sales mais surtout très visuels. Pour ceux concernés, les enfants apprécieront sûrement ce long-métrage tant l’imaginaire spatial est mis en valeur d’une belle manière (je m’imagine le voir à dix ans, j’en aurais rêvé pendant longtemps), mais quelques détails sont tout de même à noter : tout d’abord, il y a clairement des morts violentes (le marteau, c’est un bien bel outil…) ; ensuite, toutes les références qui peuvent exister renvoient soit vers les années 1970-1980, soit vers des allusions sales (pourtant d’un très bon goût, si si) ; enfin, ils devront se forcer à découvrir l’existence du baladeur-cassette, grand choc en perspective à l’heure de l’iPhone !

Si Captain America : The Winter Soldier était le film Marvel Studios le plus abouti au niveau de l’histoire, Les Gardiens de la Galaxie est celui qui assume le plus son aspect déjanté et son appartenance détournée au genre super-héroïque.

Voir aussi : Thor : Le monde des ténèbres ; Captain America : The Winter Soldier

Autres critiques : Escroc-Griffe (Les Pirates de l’Escroc-Griffe), Laurent CHV (ComixHeroes), Les Toiles héroïques, Lhisbei (RSF Blog), Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Michael Upon Pickman (Cineslasher) et Vert (Nevertwhere)