Zaya 1

Titre : Zaya, tome 1
Série : Zaya, tome 1
Scénariste : Jean-David Morvan
Dessinateur : Huang-Jia Wei
Éditeur : Dargaud
Date de publication : 20 janvier 2012
Récompenses : Prix d’excellence au Prix international du manga 2009

Synopsis : Un monde de l’espace et du futur lointain où, sous un vernis très policé et cultivé, se trament complots sur complots, alimentés de meurtres brutaux. Que vient faire dans cette galère Zaya, jeune sculpteuse ? Et surtout, qui est-elle ? Un polar planétaire découpé comme un manga, où le dessin rugueux et « biomécanique » du Chinois Huang Jia Wei fait merveille…

Note 4.0

« Merci », c’est vraiment la dernière chose à dire à une femme après l’amour.

Et non, nous n’avons pas droit ici à une version science-fiction de l’escort-girl la plus connue des footballeurs français, Zahia, mais bien à un nouvel univers riche et mystérieux autour d’une héroïne aussi complexe que débrouillarde !

Même si le format extérieur de cette bande dessinée ressemble au franco-belge, c’est bien au manga que Jean-David Morvan s’attaque, en compagnie du dessinateur chinois Huang-Jia Wei. Nous avons là une histoire de tueur en série, de société secrète, de biomécanique et de cybernétique. Déjà, le mélange de tous ces éléments donne envie d’aller voir comment le tout s’agence.

Nous abordons ce futur lointain par l’intermédiaire de Zaya, sculptrice à succès, femme libre, mère de jumelles et accessoirement retraitée de la plus grande société d’assassins de la galaxie, la Spirale. Quand cette dernière et ses agents sont victimes de meurtres en série, une nouvelle mission spéciale est confiée à Zaya. Scénario classique donc que celui-ci, mais heureusement l’univers environnant et le décor foisonnant ont l’air vraiment bien attirant, tout autant que l’héroïne. La petite ambiance steampunk qui teinte cette œuvre de science-fiction pure vient ajouter un côté désuet, malgré le fait que l’histoire se déroule dans un futur très lointain, à vue d’œil. L’humour distillé ça et là sert bien le propos (quelques phrases chics et une relation intéressante entre l’héroïne et l’intelligence artificielle de son vaisseau), mais ce ne sera pas non plus la marque de fabrique de la série.

C’est enfin le dessin qui tire alors son épingle du jeu, accentuant notre découverte d’un monde riche et attrayant, même si le complot et le meurtre sont à chaque coin de rue. Huang-Jia Wei a opté pour des personnages et des décors assez rondouillards, ce qui tranche avec l’atmosphère franchement mécanique de l’ensemble de cet opus (et des suivants aussi, j’imagine), mais rend tout son charme à ce premier opus, malgré un effet de rendu assez dense qui pourra gêner certains.

Ce début de série par le duo Morvan-Wei est donc réussi et a d’ailleurs été salué avant sa sortie chez nous au Prix international du manga 2009 par un prix d’excellence !

Voir aussi : Tome 2