Martin Luther King 21g

Titre : Martin Luther King : J’ai fait un rêve
Scénaristes : Michael Teitelbaum et Lewis Helfand
Dessinateur : Naresh Kumar
Éditeur : 21 g (collection Destins d’histoire)
Date de publication : 2014 (juillet)

Synopsis : Cela paraît impossible à croire aujourd’hui, mais il y a moins de 50 ans, le Sud des États-Unis vivait encore dans un système ségrégationniste où les Noirs ne pouvaient pas bénéficier des même droits que les Blancs. Fils d’un pasteur baptiste et pasteur lui-même, MLK Jr. rêvait d’une nation où chacun serait jugé selon ses qualités et non selon la couleur de sa peau. Son discours devant le Mémorial Lincoln en Août 1963, resté célèbre par la formule « I have a dream – j’ai fait un rêve » en fait le principal artisan de la prise de conscience de tout un peuple. Disciple de Gandhi et de sa philosophie de la lutte non-violente, il prend la tête du combat pour les Droits Civiques et obtient du Président Lyndon B Johnson la reconnaissance des droits égaux pour les Noirs dans tous les États-Unis. Son assassinat à Menphis en avril 1968 déclencha des émeutes dans tout le pays. Depuis 1983, le troisième lundi de Janvier est férié aux USA en son honneur.

Note 4.0

Après réflexion, je conclus qu’en attribuant ce prix [le prix Nobel de la Paix attribué à MLK en 1964] au mouvement dont je suis le représentant, les jurés ont voulu exprimer leur sentiment profond et reconnaître que la non-violence est la réponse à la question cruciale de notre temps en matière de politique et de morale : la nécessité pour l’homme de vaincre l’oppression et la violence sans recourir lui-même à la violence et à l’oppression. Pour y parvenir, l’humanité doit imaginer, afin de résoudre tous les conflits entre les hommes, une méthode qui exclut la vengeance, l’agression et les représailles. Le fondement de cette méthode, c’est l’amour.

 

« Même si nous devons affronter de grandes difficultés aujourd’hui et demain, j’ai pourtant fait un rêve. C’est un rêve profondément ancré dans le rêve américain. J’ai fait le rêve qu’un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : nous tenons cette vérité pour évidente par elle-même que tous les hommes naissent égaux. J’ai fait le rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau, mais à la nature de leur caractère. » Après Nelson Mandela c’est à Martin Luther King Jr, pasteur américain leader de la lutte contre la ségrégation des Noirs aux États-Unis, que les éditions 21g ont choisi de consacrer leur dernière bande dessinée. Un ouvrage très documenté au scénario classique mais qui a le mérite d’être instructif. Michael Teitelbaum et Lewis Helfand y reviennent plus ou moins brièvement sur les grands moments et les figures emblématiques de la lutte contre la ségrégation raciale, de Rosa Parks et du boycott des bus de Montgomery à l’élection en 2008 de Barack Obama à la présidence en passant par l’assassinat d’Emmett Till ou le fameux « Bloody Sunday ».

On peut également apprécier la présence d’un certain nombre de photographies représentants le pasteur à la tribune, ainsi que des extraits de ses plus célèbres discours : celui prononcé en 1964 à Oslo alors qu’il recevait le Prix Nobel de la Paix ; celui de la lettre dite « de la prison de Birmingham » ; et bien évidemment celui prononcé à Washington le 28 août 1963 dont le début de cette critique reprend l’un des passages les plus connus. Boycotts, discours, marches pacifiques, manifestations… : telles sont les armes utilisées par cet homme profondément opposé à une quelconque utilisation de la violence afin de mener à bien le combat pour l’égalité entre Blancs et Noirs. De son enfance aux côtés d’un père fortement engagé à son ascension en tant que leader de la lutte contre la ségrégation, l’ouvrage nous dévoile tous les grands moments qui forgèrent, inspirèrent ou influencèrent les choix de Martin Luther King. On apprend ainsi qu’il était un grand admirateur de Gandhi, qu’il s’est distingué en tant qu’orateur dès le lycée, qu’il était un farouche opposant de la guerre au Vietnam, et même qu’il lui arrivait de sombrer dans la dépression.

Martin Luther King

Mais au-delà de son parcours politique et de sa vie de famille, ce sont surtout de ses différents combats dont il est fait question : contre la ségrégation raciale dans les transports et lieux publics d’abord, puis pour garantir l’accès au vote des électeurs noirs ou pour améliorer le sort des Noirs des quartiers pauvres des états du nord. La lutte pour le droit des éboueurs de Memphis à un meilleur salaire sera son dernier : le 4 avril 1968 Martin Luther King est victime d’un assassinat perpétré par un ségrégationniste blanc armé d’un fusil. Un dernier chapitre aborde alors l’héritage laissé par le pasteur : les émeutes raciales qui suivirent sa mort, la poursuite du combat mené par sa femme et ses enfants… Un dossier composé d’une dizaine de pages a également été inséré afin de faire le point sur la chronologie de l’émancipation des noirs aux États-Unis et de proposer une interview d’un père et sa fille, tous deux Noirs et nés en Amérique, qui reviennent sur les conséquences qu’eut pour eux le combat de Martin Luther King des années 1964 à aujourd’hui.

 

Comme la bande dessinée précédente consacrée à Nelson Mandela, cet ouvrage se révèle très instructif : on en apprend beaucoup à la fois sur la vie de Martin Luther King et sur le contexte américain des années 1960. Dommage toutefois que les graphismes de Naresh Kumar ne soient pas à la hauteur du scénario… A noter qu’une autre bande dessinée de la collection « Destins d’histoire » consacrée à Steve Jobs est parue ce mois-ci et qu’un quatrième album dédié à Gandhi devrait voir le jour en janvier 2015. Une collection prometteuse donc et des modèles dont il est aujourd’hui indispensable de se remémorer et de s’inspirer.