L'homme de l'année 1431

Titre : 1431 : L’homme qui trahit Jeanne d’Arc
Série : L’homme de l’année, tome 2
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur et coloriste : Horne et Froissard
Éditeur : Delcourt
Date de publication : 2013

Synopsis : 1435, quatre ans après la mort de Jeanne d’Arc, les rumeurs les plus folles courent sur les raisons de sa capture par les Anglais à la bataille de Compiègne. La légitimité même de Charles VII commence à être remise en cause. Yolande d’Aragon, belle-mère du roi, décide en secret de mener l’enquête afin de démasquer le traître responsable de la chute de la Pucelle et ainsi assurer la stabilité du royaume.

Note 1.0

La diplomatie exige moins de force que d’esprit.

En 2013 les éditions Delcourt se sont lancées dans le projet d’entamer une collection de bandes dessinées historiques mêlant la petite et la grande histoire et mettant en scène des inconnus dont la postérité n’aura pas retenu le nom mais qui jouèrent pourtant un rôle clé lors de certains des moments les plus cruciaux de notre histoire. Une initiative apparemment bien accueillie du grand public puisque « L’homme de l’année » compte déjà six tomes à son actif et que d’autres sont dores et déjà annoncés pour 2014. Des albums d’une qualité malheureusement très variable, certains volumes tels que ceux consacrés à la Première Guerre mondiale ou encore à la découverte de l’Amérique étant très réussis, tandis que d’autres souffrent de lourds défauts. Et c’est justement le cas de ce tome consacré aux événements de l’année 1431 et à la figure mystérieuse de l’homme qui trahit Jeanne d’Arc. Au risque de me montrer trop dure je serai bien en peine de trouver un quelconque point positif à cet album à l’intrigue convenue, aux personnages fades et antipathiques et aux graphismes peu attractifs.

1431 planche 1

L’idée de se concentrer sur la première moitié du XVe siècle et sur les conséquences de la Guerre de Cent Ans pour le royaume de France était pourtant loin d’être mauvaise mais le résultat est franchement décevant. Un mot sur l’intrigue pour commencer : deux chevaliers, anciens compagnons de Jeanne, sont contactés pour la reine et chargés de retrouver le coupable de l’homme à l’origine de la capture et de la mort sur le bûcher de la Pucelle en 1431. Sauf que l’« enquête » des deux hommes se limitent à aller rendre une petite visite à tous les coupables les plus plausibles, initiative dont ils n’ont d’ailleurs pas eux-mêmes l’idée mais que l’on doit à un mystérieux homme masqué qui les suit dans toutes leurs pérégrinations et leur fournit fort obligeamment des indices à chaque étape de leur voyage (indices auxquels ils se fient instinctivement sans aucune raison…). Avouez que niveau complexité et plausibilité on a vu mieux… (et je ne parle même pas des tentatives du scénariste pour entretenir le suspens tant celles-ci manquent de subtilités). Rien à sauver non plus du côté du contexte historique puisque Corbeyran se contente du strict minimum. Vous n’apprendrez ainsi rien sur la Guerre de Cent Ans et encore moins sur Jeanne d’Arc, réduite à un simple rôle de figuration.

1431 planche 2

Si le lancement de la collection « L’homme de l’année » part d’une bonne intention, il est toutefois dommage que la qualité varie à ce point d’un album à l’autre. Et avec ce volume consacré à « L’homme qui trahit Jeanne d’Arc », Corbeyran et Horne ont de toute évidence loupé le coche.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 5 ; Tome 6 ; Tome 7