La Décade de l'Imaginaire 2014 L'Atalante

Titre : Quand arriva la fin du monde, en fin de matinée
Auteur : Anne Larue
Éditeur : L’Atalante
Date de publication : 10 juin 2014 (dans le cadre de La Décade de l’Imaginaire 2014)

Synopsis : Pour la deuxième édition de la Décade de l’Imaginaire, place aux plumes féminines. De la science-fiction, de la fantasy en passant par le fantastique ou des textes qui transcendent les genres, plongez dans ces univers proches ou lointains, dystopiques ou, au contraire, pleins d’espoir. Il y est beaucoup question de fins et de commencements : une découverte lors d’un voyage de noces sur un monde-musée, un premier contact d’un genre particulier, une fin du monde vécue dans une petite chambre d’une maison de retraite, celle programmée dans l’ADN de tous les organismes terrestres. Ce sont ces récits et bien d’autres histoires que nous vous proposons de découvrir à travers des textes tantôt drôles, tantôt au rythme haletant qui enflammeront votre imagination.

Note 2.5

La première réaction de Jacqueline, quand elle comprit que c’était donc ça, la fin du monde, fut de se dire en soupesant Virginia Woolf : « Eh bien, voilà un livre que je ne rendrai jamais à la bibliothèque. » De fait, la bibliothèque, en face, était en train de se volatiliser.

La Décade de l’Imaginaire 2014, comme sa prédécesseure qui inaugurait cette opération numérique proposée par L’Atalante, présente un ensemble de nouvelles gratuites et de romans à prix réduit autour d’un thème global des littératures de l’imaginaire, cette année mettant en valeur l’imaginaire féminin sous toutes ses formes.

Je suis toujours avide de nouvelles découvertes et l’imaginaire français au féminin, ça me botte bien, surtout par le format de la nouvelle. La première à ouvrir le bal est Anne Larue qui nous offre, pour l’occasion, « Quand arriva la fin du monde, en fin de matinée ». Nous avons là une histoire simple et honnête se fondant sur la rencontre de cette vieille dame qui sort de la torpeur de sa maison de retraite et du petit garçon sur lequel elle tombe lors de sa sortie et avec qui le courant passe tout de suite très bien. C’est par un rythme plutôt lent pour une fin du monde (normalement, souvent, synonyme d’apocalypse, de rupture nette avec le « monde d’avant »), mais à l’image de cette petite vieille, Jacqueline, amatrice de livres volumineux.

Et Anne Larue mise sur le Journal intégral de Virginia Woolf pour rythmer son court récit de quelques remarques et conseils censés nous guider dans les envies de ce personnage atypique. Les quelques réflexions qu’elle esquisse sur les énergies renouvelables, sur les bienfaits de la lecture, l’omniprésence d’Internet ne sont pas du tout éclipsées par les très rares allusions au motif de cet univers post-apocalyptique : la catastrophe a eu lieu, et désormais nos deux personnages, aussi simples qu’abordables, font avec, plutôt avec bonheur.

Jolie nouvelle sans d’énormes ambitions sinon celle de nous faire passer un agréable moment en découvrant ce petit personnage attachant. L’opération accompagne cette nouvelle gratuite du livre La vestale du Calix, d’Anne Larue également, au prix numérique de 2,99€.