Involution

Titre : Involution
Auteur : Johan Héliot
Éditeur : Nouveaux Millénaires
Date de publication : 2014 (janvier)

Synopsis : L’AMAS – pour Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud – préoccupe les scientifiques du monde entier : si ce qu’enregistrent les instruments de mesure est avéré, on a peut-être affaire à un phénomène géophysique d’une ampleur inégalée depuis l’extinction des dinosaures. Les villes du continent sud-américain sont les premières à en percevoir les effets : à São Paulo, tous les appareils de communication commencent à se dérégler. Pas de chance pour Vincent, un Français qui vient juste d’être embauché par Globo, le nouveau géant brésilien de l’internet mondialisé ; ni pour Chloé, son ex, venue avant lui au Brésil pour fuir leur relation moribonde. C’est même encore pire pour la jeune femme : responsable du projet de forage pétrolier le plus ambitieux jamais conçu, elle se trouve aux premières loges pour assister à l’Apocalypse…

Note 2.0

L’univers des abysses demeure un mystère à de nombreux points de vue, mais pas autant que celui des entrailles de la Terre. Un siècle et demi plus tôt, Jules Verne les avait peuplé d’une vie foisonnante. Une idée peut-être pas si absurde, d’ailleurs. La découverte de forme de vie extrêmophiles, capables de supporter d’énormes pressions et des températures élevées, a depuis relancé le débat. Bien sûr, plus personne ne rêve de dinosaures ou de créatures disparues de la surface, mais d’organismes unicellulaires , de bactéries plus âgées encore que ces bons vieux sauriens géants – plus résistantes, en somme, parce que discrètes et adaptées aux pires conditions d’existence concevables.

Non, c’est désormais une certitude, la hard-SF ce n’est vraiment pas pour moi ! Et c’est malheureusement le dernier roman en date de Johan Héliot, « Involution », qui fait les frais de mon incompatibilité avec cette branche particulière de la science-fiction. L’auteur est pourtant un écrivain dont javais jusqu’à présent toujours beaucoup apprécié les textes (à commencer par l’excellent « Bloodsilver » écrit en collaboration avec Xavier Mauméjean), mais cette fois la sauce ne prend pas. La faute n’incombe pas complètement au roman, cela dit, mais plutôt à ma propre ignorance qui m’a empêchée de saisir au moins la moitié (si ce n’est plus) des explications fournies par l’auteur dans le domaine de la physique ou encore de la géologie. Johan Héliot a bâti son histoire dans un souci fort louable de plausibilité scientifique qui ne manquera pas de ravir les amateurs de SF particulièrement calés, mais qui laissera sur la touche les lecteurs occasionnels du genre pour qui les cours de sciences ne sont plus qu’un lointain souvenir. Et c’est malheureusement mon cas…

L’idée de base est pourtant intéressante (ou du moins accessible) et repose sur la formation d’une anomalie magnétique dont le continent sud-américain ressentirait principalement les effets : dérèglement des appareils électroniques (la pluie de drones en plein Sao Paulo est d’ailleurs assez impressionnante), coupure des modes de communication, augmentation des cas de cancers… Si on est bien loin des scénarios catastrophes classiques avec tremblements de terre, tsunamis et compagnie, la situation n’en est pas moins des plus préoccupante. Malgré cette bonne idée, outre la surabondance d’explications scientifiques, le principal défaut du roman tient à sa brièveté (moins de deux cent pages). Résultat : le lecteur a à peine le temps de s’immerger de l’histoire qu’elle touche déjà à sa fin. Le fait que le roman se compose de chapitres très courts, entrecoupés de communiqués officiels concernant la hausse de la criminalité dans la capitale ou encore les débats entre politiques et savants, n’aide pas vraiment non plus . Petite déception également du côté des personnages qui resteront du début à la fin de parfaits inconnus et dont les réactions peuvent parfois paraître incongrues.

Avec « Involution » Johan Héliot signe un roman de hard-SF qui plaira sans doute aux lecteurs chevronnés mais s’avérera très compliqué à suivre pour les autres. Dommage, car quelques unes des idées exploitées par l’auteur mériteraient qu’on s’y attarde davantage.