Merlin 1 Colère d'Ahès

Titre : La colère d’Ahès
Série : Merlin (1ère série), tome 1
Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Éric Lambert
Éditeur : Soleil Productions (Soleil Celtic) / Nucléa
Date de publication : 2000

Synopsis : Que renaissent les légendes… Acculé au néant, le monde féérique se perd sous la pression de la nouvelle religion, celle du Nazaréen. Ahès, reine du monde cachée décide, pour sauver son peuple, de créer un être à l’instar de jésus. Un sauveur qui sera le fruit de l’union d’une femme pure et vierge et d’un esprit des airs. Ce libérateur devra réunir les deux mondes et les sauver de l’oubli.

Note 3.0

Je trouve cela assez pénible, mes enfants, cette manie de brûler et de pendre ! Le Christ n’a-t-il pas dit : que celui qui n’a point péché me jette la première pierre ? Moi, je dis : balancez-m’en une et je vous décroche cette sainte croix en pleine face !! Alors peut-être comprendrez-vous ce qu’a enduré notre Seigneur lorsqu’il est mort afin d’expier nos fautes !!! (Père Blaise)

La série Merlin est probablement une des plus connues de Jean-Luc Istin, constituant, je pense, un véritable nœud réticulaire au sein de son imagination, puisque plusieurs de ses séries futures sont en quelque sorte issues de celle-ci. Car, finalement, tout part de cette série. Et Merlin débute paradoxalement dans les profondeurs des ténèbres et dans le royaume d’Ahès, déesse de l’Ancien Temps.

Dans la même génération chronologique que le Kaamelott d’Alexandre Astier, nombre de questionnements sont déjà précisés dès ce premier tome-ci. Ainsi, la concomitance du Graal dans le triple état de « coupe », de « corne d’abondance » et de « pierre incandescente » (émeraude) est affirmée. La lutte entre les divinités de l’Ancien Temps et le christianisme qui prend son essor servira de toile de fond à l’histoire où les considérations religieuses se syncrétisent de temps en temps. L’ascendance de Merlin est parfaitement développée comme étant celle « d’un démon et d’une pucelle ».

De plus, on ne peut que saluer la force du personnage de Père Blaise qui sert de soutien perpétuel au jeune Merlin et cela promet pour la suite ! On peut malgré tout regretter la plus ou moins mauvaise netteté des visages au milieu de ces dessins très expressifs qui peuvent parfois ravir. Pour autant, il est intéressant de voir s’amonceler les détails plus ou moins canoniques (si tant est que l’on puisse considérer certaines matières arthuriennes comme telles, bien sûr) prendre ainsi vie.

Il nous tarde de voir comment la Colère d’Ahès va se poursuivre dans les tomes à suivre… puisqu’en début de Merlin, on en prend pour, au moins, dix tomes d’une traite.