Le Sang des Immortels

Titre : Le Sang des Immortels
Auteur : Laurent Genefort
Éditeur : Critic
Date de publication : 2011 (déjà paru en mai 1997 chez Fleuve Noir)

Synopsis : Ils sont quatre : Affer le mercenaire, Nemrod le chasseur fortuné, Joker l’ancien prêtre et Liaren l’anthropologue. Quatre aventuriers venus sur ma planète pour traquer le Drac, cet être légendaire dont le sang offrirait l’immortalité. Quatre chasseurs… et moi, leur guide, qui prendrais bien la poudre d’escampette si la prime n’était pas aussi alléchante ! Chacun a ses motivations, chacun a ses secrets. Pour réussir notre expédition, il nous faudra affronter la Maréselva, la forêt qui ne fait qu’un avec l’océan, et ses mystères : des rebelles autonomistes, une flore hostile, une faune sauvage et peut-être, au bout de l’enfer, le Drac.

Bibliocosme Note 2.5

La bête n’avait pas besoin de se trouver là pour frapper. C’était bel et bien une légende. Elle nous aurait, tous. Elle n’avait qu’à faire parler notre humanité.

En science-fiction française, il y a évidemment Pierre Bordage qui sort du lot, mais Laurent Genefort ne doit sûrement pas être loin derrière. Avec ce Sang des Immortels, abordez une planète éminemment dangereuse pour l’explorateur qui sommeille en vous.

Les éditions Critic nous proposent là un nouveau Laurent Genefort avec ce roman plutôt court, du format que nous pourrions qualifier de « novella » (de la même épaisseur, en gros, que La Volonté du Dragon, de Lionel Davoust, pour prendre un exemple chez le même éditeur). La couverture, élaborée conjointement par Laurent Miny et Cyrielle Alaphilippe, est franchement sombre et nous appâte avec un monstre reptilien d’envergure. Pourtant, cet Immortel rapidement pointé comme le but du voyage n’est que le bout du chemin et celui-ci est parsemé d’embûches pour les cinq compagnons qui s’offrent à nous.

Pour des raisons très différentes, quatre explorateurs partent à la recherche d’une créature mythique sur un monde n’attirant pas du tout le visiteur intergalactique. Accompagnés d’un guide local qui aurait déjà traversé la jungle qui se place entre eux et cette cible de choix, ils attaquent leur chemin de traverse chacun à leur manière. L’histoire peut paraître simple et classique, comme nous pouvons les aimer parfois, mais cela est d’abord dû à la relative brièveté du récit. Laurent Genefort s’y est astreint, pour cause de conditions imposées à l’écriture, à établir une aventure courte mais intense par sa densité.

Le problème, s’il doit y avoir un, sera surtout que nous n’avons finalement aucune scène de véritable chasse, alors que l’on nous vend des chasseurs hors pair et des explorateurs aguerris. Nous suivons « uniquement » un parcours du combattant dans une jungle particulièrement hostile : les personnages se débattent face à leur environnement, puis entre eux, mais auraient pu être davantage acteurs de leurs aventures. Pour autant, ne connaissant par forcément la large étendue de l’œuvre de cet auteur, ce roman est toujours l’occasion de découvrir son fort rapport à la faune et la flore extraterrestres.

Avec Le Sang des Immortels, Laurent Genefort signe une novella volontairement en marge de ses processus d’écriture habituels, tout en incorporant ses thèmes favoris, notamment la place de l’Homme dans son environnement, qui se révèle particulièrement hostile.