1871

Titre : 1871 : Un des héros de la Commune de Paris
Série : L’homme de l’année, tome 5
Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur/Coloriste : Benoît Dellac et Thorn
Éditeur : Delcourt
Date de publication : 2014

Synopsis : Dans les ruines du Second Empire, le grand espoir de la Commune se lève avec la fin du siècle. Ouvriers et artisans parisiens tentent désespérément de repousser les troupes de Versailles et leurs alliés allemands, et de refondre les principes de la République : liberté, égalité, fraternité. Un jeune homme venu de l’armée d’Afrique choisit de se battre et de mourir aux côtés de ses frères de misère.

Note 2.5

Abdullah rêvait de gloire, Napoléon III rêvait de faire revivre le grand empire de son oncle. Ces deux-là, pour un temps, pouvaient cheminer ensemble.

La Commune de Paris ! Un fait historique marquant pour l’histoire de France sur lequel Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac et Thorn ont choisi de revenir dans ce cinquième volume de la récente collection de Delcourt intitulée « L’homme de l’année ». Revisiter les plus grands moments de notre histoire par le biais de celle d’un illustre inconnu, après tout pourquoi pas ? Cette fois, l’inconnu en question est un certain Abdullah, jeune homme originaire d’Éthiopie dont on découvre le parcours et les épreuves. Le choix d’un tel personnage pour relater les deux mois d’insurrection qui bouleversa la capitale parisienne en 1871 a certes de quoi surprendre, mais après tout… Sauf que si adopter le point de vue d’un indigène fonctionnait parfaitement dans l’album consacré à la première guerre mondiale (« 1917 : Le soldat inconnu »), le résultat est ici loin d’être aussi satisfaisant. Le personnage, d’abord, n’est malheureusement pas des plus attachant, la plupart des évènements marquants de sa vie étant présentés de façon beaucoup trop succincte ou tellement rapidement que l’on peine à comprendre son évolution et ses motivations. Une autre explication au manque d’intérêt à l’égard du personnage serait le nombre limité de dialogues, ou trop rares ou trop brefs pour que l’on s’attache au protagoniste ou aux personnages secondaires qui défilent sans que l’on y attache vraiment d’importance.

1871 planche 1

Du côté du scénario, Jean-Pierre Pécau fait le choix de ne pas se limiter à la ville de Paris et de se concentrer sur la vie d’Abdu : son enfance en Éthiopie puis en France, ses batailles menées au sein de l’armée française à Solferino, en Algérie, en Allemagne… Cette variété dans les décors permet d’ajouter une touche d’exotisme au récit, un dépaysement qui se fait cela dit au dépend de l’histoire de la Commune qui occupe finalement une place très limitée. Jamais on ne nous explique les raisons de son déclenchement, ou bien qui s’oppose à qui, ou encore quelles furent les différentes étapes qui aboutirent à cette « semaine sanglante » dont il est fait question au début et à la fin de l’album. Tout juste croise t-on au détours d’une page la célèbre Louise Michel, sans que celle-ci ne nous soit pour autant présentée. Et il en va de même pour tout, la plupart des sujets se contentant d’être mentionnés sans faire l’objet d’explications ou de précisions (ce qui explique d’ailleurs que la scène finale tombe un peu à plat). Il aurait été intéressant d’aborder le sujet de l’émancipation des femmes impliquées dans le combat : on ne nous montre qu’une ou deux enragées portant les armes mais dont on ne sait rien. On aurait pu en apprendre davantage sur le système d’autogestion mis en place par les communards : le sujet n’est même pas abordé. Et ainsi de suite.

1871 planche 2

Malgré de beaux graphismes et une idée de base intéressante, cet album consacré à « L’un des héros de la Commune de Paris » se révèle un peu décevant car proposant une présentation des faits historiques bien trop succinctes. Que vous possédiez ou non quelques notions d’histoire liées à cet événement particulier, vous n’apprendrez malheureusement rien de bien nouveau à la lecture de ce volume. Dommage…

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 6