Sang des 7 rois 1

Titre : Livre premier
Cycle : Le Sang des 7 Rois, tome 1
Auteur : Régis Goddyn
Éditeur : L’Atalante (La Dentelle du Cygne)
Date de publication : 21 février 2013

Synopsis : 25 juillet 806
Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable, ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.

Note 3.5

Ces périodes de peste étaient propices aux affaires. non que les denrées fussent aisées à trouver en ces temps troublés, mais la désorganisation facilitait la mobilité des richesses. Les domestiques profitaient souvent du désarroi de leurs maîtres dont la famille se clairsemait pour délester le logis de quelque objet facilement négociable, afin de financer leur fuite. On retrouvait en général leur dépouille au bord d’un chemin, détroussée par quelque bande que l’on verrait un jour se balancer au bout d’une corde. Ainsi vont les gens et les choses.

Après l’avoir rencontré à la 25e Heure du Livre du Mans 2013, il était grand temps de découvrir la première saga de Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois, avec ce premier tome chez L’Atalante.

Régis Goddyn nous propose un road trip, une sorte de roman en marche, où nous suivons le sergent Orville à la poursuite de ravisseurs d’enfants. Ce dernier, nommé capitaine-ambassadeur-militaire, a vocation à devenir un héros dont les actions prendront de l’ampleur au fil des sept tomes prévus pour ce cycle de fantasy. Dès le premier chapitre, justement nommé « L’Envol », l’auteur nous happe à la gorge pour nous plonger la tête première dans le mystère d’un enlèvement collectif très bien préparé. L’ensemble pourrait paraître très simple, au fond, mais l’intérêt est de se laisser emporter comme est obligé de le faire le personnage principal.

Et de ce point de vue-là, l’auteur sait laisser couler son écriture pour faire aller son histoire comme un fleuve tranquille, malgré les cahots de la route empruntée par Orville. Avec son rythme lent, l’auteur nous fait même croire qu’il va enchaîner les descriptions à rallonger, mais avance en fait par à-coups et finit par faire suffisamment progresser son histoire en évitant de donner à ce premier tome l’aspect d’une simple introduction. Malgré tout, les dernières pages sont uniquement faites pour construire la principale intrigue du tome suivant (avec, en particulier, un personnage supplémentaire d’envergure), ce qui est évidemment compréhensible. Finalement, même si nous posons énormément de bases politiques et historiques, notamment dans les chapitres se déroulant à la capitale du Premier Royaume (les appellations de ce monde de fantasy ne vous perdront pas une minute), c’est surtout un homme que nous suivons, dans sa mission d’information, dans son envie d’aventure, mais aussi dans sa quête d’identité.

Pour parler rapidement du style de Régis Goddyn, ce qui est toujours intéressant quand nous abordons un premier roman, il faut signaler la douceur avec laquelle il tisse son histoire ; il s’agit vraiment de se laisser porter et de faire confiance (en espérant, évidemment, ne pas être déçu par la suite, c’est toujours l’inconvénient de ces sagas en construction). Notons surtout que nous retrouvons dans ce roman une certaine verve professorale à travers quelques passages furtifs comme l’entraînement aux armes ou l’enseignement des lettres. Dans ces passages-là, nous sentons bien l’enseignant passionné, prêt à raconter les moindres détails de son histoire en glissant ça et là quelques bons conseils, tel son délicat « c’est en enseignant qu’on apprend le mieux ». C’est cette impression de sincérité et d’apport de l’expérience qui donne un goût particulier à cette lecture.

Le premier tome du Sang des Rois nous fait découvrir un auteur français plutôt agréable à lire du moment que nous lui laissons le soin de nous emmener sur des chemins aventureux. Le deuxième tome devrait déjà réunir certaines intrigues se déroulant relativement loin les unes des autres pour le moment.

Voir aussi : Asavar (Elbakin) et Herbefol (L’Affaire Herbefol)