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Titre : En finir avec Eddy Bellegueule
Auteur : Édouard Louis
Éditeur : Le Seuil
Date de publication : 2 janvier 2014

Synopsis : « Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »
En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Bibliocosme Note 4.0

Comme tous les hommes du village, mon père était violent. Commet toutes les femmes, ma mère se plaignait de la violence de son mari.

Bienvenue en enfer. En finir avec Eddy Bellegueule est une plongée sans oxygène dans la misère sociale, intellectuelle, morale. C’est l’interdiction d’être différent sous peine dans payer le prix fort. C’est aussi comment dire non à un fatalisme ambiant ou l’avenir semble s’arrêter à la sortie du village.

Comment se construire dans un tel environnement ou chômage, violences, alcoolisme, brimades sont le pain quotidien d’Eddy ? On vit au jour le jour, l’argent manque, on reste devant la télé, on picole jusqu’à la syncope, on s’insulte, on profère des injures de toutes sortes (de préférence raciale ou homophobe). Et lorsqu’on s’aperçoit qu’on est différent de ces gens-là, une seule échappatoire, la fuite.

On ne peut rester insensible à tant d’horreurs. Le récit d’Édouard Louis n’épargne pas le lecteur, du cru, du cul, du malsain, de la bêtise humaine, ces pages en sont remplies, jusqu’à la nausée. On se dit que ce n’est pas possible, pas autant, le calvaire d’Eddy est impensable. Et pourtant.

Un premier roman coup de poing, dérangeant et malsain qui se lit d’une traite.

Autres critiques : Euphrosyne (La Plénitude du Mot) ; LiliGalipette (Des galipettes entre les lignes) ; Mango Lila (Liratouva) ; Moglug (Synchronicité et Sérendipité) ; Pyrouette (La vie de ma voix intérieure)