Zoulou kingdom

Titre : Zoulou Kingdom
Auteur : Christophe Lambert
Éditeur : Fleuve noir / Pocket
Date de publication : 2007 / 2008

Synopsis : Au début de l’année 1879, l’armée britannique stationnée en Afrique du Sud s’apprête à envahir le Zoulouland, gouverné par le roi Cetshwayo, et n’attend plus qu’un ordre pour franchir le fleuve qui sépare les deux nations. Mais c’est compter sans la puissante magie aux mains du grand sorcier Mpande : quarante mille Zoulous déferlent bientôt sur Londres, comme une armée de spectres surgissant de la brume ! Et au milieu du chaos, une âme noire comme la nuit rôde dans les rues de la ville à la recherche de nouvelles proies…

Note 3.5

L’Afrique s’impose avec la force de l’évidence, par tous les pores de votre peau. Il y a quelque chose de primordiale en elle. Si « l’enfance est le matin de l’homme », alors on peut affirmer sans crainte que l’Afrique est le matin du monde.

1879. L’Angleterre se prépare à envahir et à annexer à son empire les terres sud-africaines du roi Cetshwayo. C’était toutefois sans compter sur la puissante magie d’un sorcier qui parvient à faire traverser la mer à quelques quarante mille Zoulous qui débarquent en territoire britannique et ne tardent pas à entamer leur marche sur Londres. Les vies d’un bon nombre d’Anglais vont ainsi se retrouver complètement bouleversées, d’autant plus que les féroces guerriers zoulous ne semblent pas représenter la seule menace rôdant au cœur de la ville… Si le pitch de base a de quoi surprendre, l’auteur s’en sort remarquablement bien et nous offre un bon roman divertissant. La lecture est effet très plaisante et se fait, somme toute, assez rapide, que ce soit en raison de la relative brièveté de l’ouvrage (un peu plus de trois cents pages seulement) ou du choix de narration adopté par Christophe Lambert qui opte pour une succession de courts chapitres nous offrant chaque fois le point de vue d’un personnage différent.

Outre la qualité de l’intrigue, saluons également la très belle reconstitution du Londres de l’époque victorienne à propos de laquelle on sent que l’auteur s’est sérieusement et abondamment documenté. Difficile par conséquent de ne pas se sentir happé dans ce Londres de la fin du XIXe dont l’atmosphère est remarquablement rendue : le profond fossé entre la haute bourgeoisie et le reste de la population, l’arrivée de nouvelles technologies, l’essor d’un courant de pensée marxiste et de l’antisémitisme, la pollution, la surpopulation… Autre point fort du roman : la galerie de personnages créée par l’auteur, tous plus réussis et attachants les uns que les autres, qu’il s’agisse de l’inspecteur Abernathy, du jeune capitaine Finn ou encore de l’increvable Lord Pendergast. C’est également avec plaisir que l’on reconnaît ici et là quelques figures historiques bien réelles telles que Joseph Merrick, plus connu sous le nom d’elephant-man, mais aussi l’auteur H. G. Wells ou encore Jack l’Éventreur.

Au final « Zoulou kingdom » se révèle être un bon roman au sujet atypique traité avec soin et talent par C. Lambert qui propose en annexe quelques éléments bibliographiques à ceux désireux de poursuivre leur découverte de cette époque et des grands événements dont il est fait mention. Une bonne surprise.