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Titre : Comment j’ai mangé mon estomac
Auteur : Jacques A. Bertrand
Éditeur : Julliard
Date de publication : 9 janvier 2014

Synopsis : Sous la forme d’un récit poétique et léger, Jacques A. Bertrand retrace la chronique facétieuse de sa maladie. Avec un étonnant mélange d’humour, de flegme et de sagesse, il dépeint tous les aspects de son expérience – des plus absurdes aux plus douloureux – et atteint sans conteste le sommet de son art.

Note 4.0

Après m’avoir longuement regardé avec un sourire mouillé, Héloïse déclara qu’elle n’envisageait pas la vie sans moi.
– C’est comme moi, dis-je, j’ai du mal à envisager la vie sans moi.

Jacques A. Bertrand est atteint d’un cancer au même moment que sa femme.
Non, merci pas pour moi, déjà qu’on rigole pas tous les jours.
Et bien détrompez-vous car ce court récit est bourré d’ironie, de drôlerie, de finesse.

Chaque phrase fait mouche, Bertrand raconte ces mois de détresse, de peur, de questionnement sans jamais se livrer complètement. C’est pas le genre de la maison.
Une pirouette pleine d’esprit pour éviter tous pathos.
Il décrit ces rencontres avec différents membres du corps médical, l’interminable attente dans les salles justement d’attente, il égratigne aussi avec un bel appétit la bêtise humaine « pour lequel on désespère de trouver un vaccin ». J’ai pensé au regretté François Cavanna (Lune de miel) ou à Jean-Louis Fournier aussi, cette manière de parler de choses graves avec ce qu’il faut de distance pour d’écrire les accidents de la vie.

En lisant « Comment j’ai mangé mon estomac » ce n’est pas la fin d’une vie que nous conte Bertrand, mais au contraire celle d’une belle renaissance.
Et c’est épatant.