Dimension de capes et d'esprits tome 1

Titre : Dimension de capes et d’esprits, tome 1
Anthologiste : Eric Boissau
Auteurs : Jean D’Aillon (« Le bourgeois disparu ») ; Léni Cèdre (« Les voies du Seigneur ») ; Lucie Chenu (« Ayehannah ») ; Nicolas Cluzeau (« Dragon des mers ») ; François Darnaudet (« Lame basque ») ; Sergei Dounovetz (« La main du Diable ») ; Pierre Efratas (« La Vierge d’Englesqueville ») ; Laurent Gidon (« Djeeb l’Estoqueur ») ; Jess Kaan (« La patte gauche d’Atropos ») ; David S. Khara (« La botte du Diable ») ; Pierre-Luc Lafrance (« Les hommes de l’ombre ») ; Oskana & Gil Prou (« L’œil de la nuit »)
Éditeur : Rivière blanche
Date de publication : 2010

Synopsis : Vous allez participer à une enquête sur la disparition d’un bourgeois, connaître la vie d’une dryade à la cour du Roi-Soleil, assister à un combat naval pour la possession d’un dragon des mers, partager la vie d’un groupe de chiens de guerre dans une Europe uchronique, chercher qui tue de sombres crapules de l’armée du Roy, participer à une chasse au trésor, retrouver Djeeb l’estoqueur, faire la révolution avec un noble, assurer la succession de la plus fine lame du royaume, entrer en guerre contre le dieu Lug, voir que les guerres de religions ont des conséquences sur la vie d’un monastère, récupérer la belle d’un capitaine des mousquetaires.

Note 3.0

-Si vous aimez la poésie, Monsieur de la Luna, et que vous maîtrisez notre langue si riche, souffrez que nous partagions les rimes de notre duel. Danse d’acier et de mots, tels seront les thèmes, l’un après l’autre.
-Commencerez-vous ou le ferais-je ? dit Esteban en souriant.
-Vous êtes l’offensé, aussi je vous prie de débuter. Mais en alexandrin ! Et si vous permettez, je me donne le droit de choisir le titre : Poème du duel qu’en Mer Médiane Esteban et Brytolaire eurent à propos d’un serpent d’émeraude. (N. Cluzeau (Dragon des mers)

Avec « Dimension de capes et d’esprits », les éditions Rivières Blanches nous proposent une sympathique anthologie de fantasy historique comprenant douze nouvelles d’auteurs plus ou moins réputés et habitués à ce genre de littérature. Tous rendent ici un vibrant hommage aux plus grands récits de cape et d’épée et aux auteurs qui leur ont donné le jour, que ce soit par le biais du thème choisi, des personnages ou bien du style. La totalité des textes se déroulent par conséquent entre le XVIe et le début du XIXe siècle et on peut d’ores et déjà saluer la variété des décors, loin de se limiter à la cour et ses intrigues, qui nous entraînent tour à tour à Versailles, en Angleterre, sur mer, dans le calme relatif d’un monastère, sur le champ de bataille… Le choix de l’époque à cependant fait l’objet de moins d’originalité, la majorité des auteurs ayant opté pour les règnes de Louis XIII et de Louis XIV ainsi que de leurs habiles ministres, les cardinaux Richelieu et Mazarin. Certaines nouvelles se démarquent malgré tout de leurs petits camarades et nous offrent des récits un peu plus innovants sur fond de guerres de religion, campagne d’Italie ou encore Révolution française.

Si l’initiative est louable et ne manquera pas de faire passer un agréable moment aux amateurs de capes et d’épées, il faut toutefois avouer que très peu de textes sortent du lot et que beaucoup laissent un arrière goût d’inachevé ou de déjà-vu. Heureusement, certains auteurs parviennent malgré tout à tirer leur épingle du jeu, en particulier ceux qui bénéficient aujourd’hui d’une certaine réputation. Nicolas Cluzeau signe ainsi avec « Dragons des mers » une excellente nouvelle (de loin la meilleure) nous plongeant habilement dans un duel maritime entre deux capitaines de navires pour la possession d’un aquadrac (ou dragon de mer), le tout sur fond d’Europe uchronique. Un vrai régal qui n’est pas sans rappeler l’excellente bande dessinée « De cape et de crocs » ! Lucie Chenu réussit également son coup avec « Ayeannah » dans laquelle elle nous relate l’histoire d’une dryade à la cour du roi Soleil, de même que David S. Khara qui se penche avec « La botte du Diable » sur le destin d’une confrérie des Maîtres d’Armes. Certains textes d’auteurs qui m’étaient jusqu’alors inconnus valent également le détour comme « La main du Diable » de Sergei Dounovetz, nouvelle très brève mais marquante, ou encore « Les hommes de l’ombre » de Pierre-Luc Lafrance qui nous entraîne pour une fois Outre-Manche.

Une anthologie très inégale, le très bon côtoyant le très moyen, mais qui rend malgré tout un bel hommage à ces histoires de capes et d’épées qui nous ont tous un jour fascinés. Difficile de résister à l’envie de découvrir le second volume, réunissant cette fois davantage d’auteurs confirmés qui, espérons-le, montreront autant d’enthousiasme que ceux qui les ont précédés. De toute façon, comme nous l’affirme Philippe Ward en conclusion de sa préface : « Si tu ne viens pas à la Rivière Blanche, c’est la Rivière Blanche qui viendra à toi ! »

Voir aussi : Tome 2