Barjot Oppel

Titre : Barjot !
Auteur : Jean-Hugues Oppel
Éditeur : Rivages (Rivages/Noir)
Date de publication : 2011 (1ère édition chez Gallimard en 1987)

Synopsis : D’habitude, une crevaison, ça vous envoie dans le décor. Jérôme-Dieudonné Salgan, lui, ça lui a sauvé la vie : grâce à ce retard providentiel provoqué par un chauffard, il évite le massacre en règle de toute sa famille et des amis qui l’attendaient chez lui. Lorsqu’il recroise la même voiture un peu plus tard, il se persuade vite qu’elle a quelque chose à voir avec ce crime. Mais en remontant la piste de ses bourreaux, il se heurte à une police parallèle qui étouffe l’affaire, sacrément gênante pour elle : ces exécutions constituaient une bavure, les exécuteurs s’étaient trompés de cibles.
Entre parodie, manipulation et délire de vengeance, Jean-Hugues Oppel, lauréat de nombreux prix (notamment le Prix mystère de la critique et le Grand Prix de littérature policière), s’attaque, dans ce premier roman écrit en solo et enfin réédité, à ce qui restera l’un de ses thèmes fétiches : la raison d’État et l’impunité des puissants.

Note 4.0

Alors elle est plantée dans son encoignure, stoïque. Au risque de se faire emballer. Ça vaut mieux que de perdre une occasion de remplir sa bourse en vidant celles d’une âme en peine de coït.

Voilà un roman qui porte bien son titre. Un concept de départ motivant, une intrigue menée tambour battant, un style cru et direct : au moins, on ne s’ennuie pas avec ce polar de Jean-Hugues Oppel ! À le lire, la folie nous prend comme elle prend Jérôme-Dieudonné Salgan et la façon de dévorer ce roman s’en ressent. Pour avoir rencontré l’auteur à ImaJn’ère 2013, on sent bien derrière ces mots vifs et tranchés l’homme bourru qui les a écrits. Le tout se dévore plus qu’il ne se lit, mais l’intrigue est suffisamment simple et directe pour ne pas ennuyer, c’est bien là l’essentiel.

On peut regretter quelques passages sabordés par des ellipses marquantes, mais l’ensemble est trop immersif (surtout par le style encore une fois) pour ne pas en tirer une vile envie de lire d’autres polars de ce genre… Que la folie est bonne et oppressive à la fois !

Voir aussi : La critique de Claude Le Nocher (Action-Suspense)