American Vampire 2 Diable du désert

Titre : Le diable du désert
Série : American Vampire, tome 2
Scénariste : Scott Snyder
Dessinateurs : Rafael Albuquerque, Mateus Santolouco
Éditeur : Urban Comics (Vertigo Classiques)
Date de publication : 21 juin 2013 (2011 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Dans l’Amérique des années trente, tandis que la majeure partie du pays souffre de la Grande Dépression, la ville de Las Vegas entame quant à elle sa mutation : jeux d’argent, prostitution et corruption lui valent déjà son surnom légendaire de « Cité du Péché ». Quand les corps d’importants businessmen, vidés de leur sang, se multiplient aux coins des rues, l’agent McCogan est loin d’imaginer les raisons de cette hécatombe. Skinner et Pearl y seraient-ils pour quelque chose ?

Note 3.5

Les monstres, les croquemitaines existent. Certains se cachent sous votre lit, d’autres se pavanent en plein jour.

Scott Snyder et Rafael Albuquerque poursuivent la quête de Skinner Sweet dans ce deuxième tome d’American Vampire, leur série de comics horrifique aux dents longues.

Le diable du désert est composé de deux histoires principales. La première est un huis-clos à Las Vegas. Scott Snyder nous y propose un polar vampirique qui, sans être très angoissant, sait être prenant et contient quelques bonnes petites surprises. Si nous retrouvons le Skinner Sweet au-dessus des lois du premier tome, mais maintenant dans le Las Vegas de la Grande Dépression, nous pouvons largement voir comment Scott Snyder a cherché à complexifier son intrigue tant dans son contenu (multiplications des personnages divers et variés, des lieux géographiques, mais aussi des timings chronologiques plus ou moins serrés) que dans sa façon de nous la dévoiler (Urban Comics s’est même senti obligé de présenter les personnages en début d’ouvrage comme si nous devions les connaître depuis le premier tome, alors qu’en fait nous les découvrons ici). Du point de vue graphique, les dessins de Rafael Albuquerque font un effet très bizarre à chaque fois que nous les retrouvons, et il faut savoir accrocher à son style pour ne pas décrocher de l’histoire.

L’avantage de cette série est surtout de nous proposer des vampires psychopathes et paranoïaques ; ils retrouvent la nature méchante qui les a vus naître. C’est le but ici : ne pas retrouver des créatures qui vivent le jour et qui brillent comme des paillettes. Avec Skinner Sweet, nous traversons à pas de géant l’histoire des États-Unis depuis le milieu du XIXe siècle, mais l’évocation de la mutation de Las Vegas est largement secondaire pour faire place aux conflits générationnels entre les multiples genres vampiriques.

Enfin, dans Évasion, la minisérie plus courte qui conclut ce tome, le thème principal est le temps qui passe, thème très particulier pour des générations de vampires vivant plusieurs vies humaines. Il s’agit de constater les conséquences de l’intrigue secondaire du premier tome, de manière parallèle la destinée de Hattie Hargrove d’un côté et celle de Pearl Preston et de son bien-aimé Henry de l’autre. Mateus Santolouco officie au dessin, en lieu et place de Rafael Albuquerque, et offre une performance de qualité en alternant traits torturés et scènes plus calmes ; il semble déjà plus inspiré que dans la minisérie 2 Guns.

En somme, American Vampire est définitivement le genre de séries qu’il convient de relire pour vraiment l’apprécier. En effet, le graphisme en général est largement torturé et ne se laisse pas apprécié au premier coup d’œil, mais surtout l’histoire est suffisamment complexe pour entretenir des intrigues secondaires pendant de longs épisodes. Les différentes revanches entre chaque personnage sont autant de rebondissements qu’il vous faudra découvrir vous-mêmes pour votre plus grand plaisir de lecteur.