Alexandre et Alestria

Titre : Alexandre et Alestria
Auteur : Shan Sa
Éditeur : Albin Michel
Date de publication : 2006

Synopsis : Elle, c’’est Alestria, l’’enfant sauvage devenue reine des Amazones. Celles qui chevauchent les steppes, aiment la guerre, combattent les hommes et n’ont pas peur de la mort. Lui, c’’est Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, né à Pella en 356 avant J-C. Ayant soumis l’’Asie Mineure et la Perse, vainqueur de Darius, il ne lui manque qu’une reine pour asseoir son empire absolu. Une reine à sa mesure ou à sa démesure qu’’il rencontre sous les traits d’’un guerrier invincible dans l’’immense steppe de Mongolie.

Note 2.5

Viens, Alestria! Nous allons grimper les montagnes, prendre d’assaut les citadelles. Nous irons combattre les dragons, les singes, les éléphants conduits par des guerriers recouverts de perles, de diamants. Sois ma reine, Alestria. Je t’offre des paysages grandioses, des milliers de nuits étoilées, la chevauchée de cent mille hommes sous le soleil, dans l’eau, dans les sables, à travers les forêts et les déserts.

Si les précédents livres de Shan Sa m’avaient totalement séduite (La joueuse de go, L’impératrice), « Alexandre et Alestria » m’a laissé un sentiment plus mitigé. Férue d’histoire ancienne, c’est toujours avec plaisir que je découvre des romans prenant place dans ce cadre, d’autant plus lorsque les principaux personnages se trouvent être Alexandre le Grand, conquérant vainqueur de Darius, et une Amazone, tribu de femmes légendaires réputées pour leurs habilités guerrières. L’auteur ne déçoit pas de ce côté là et parvient en quelques mots à peine à nous plonger dans l’ambiance de ce IVe siècle où un homme, par sa force et son charisme, parviendra à fonder un immense empire.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’on peine à s’attacher aux personnages, notamment Alexandre essentiellement présenté comme un tyran fou et sanguinaire. Alestria est quant à elle plus nuancée mais il demeure malgré tout difficile de s’y identifier. Il faut dire que l’auteur n’y va pas de main morte avec ses personnages et si son style brutal et souvent très cru m’avait charmé dans ses précédents romans, il heurte ici davantage qu’il ne touche. Pourtant ce livre comprend des passages extrêmement beaux et poétiques dont il serait dommage de passer à côté, d’autant plus que le roman est relativement court et se lit avec facilité.

Une petite déception que cette histoire d’amour entre le grand conquérant et une représentante des farouches Amazones, car si la plume de Shan Sa fait toujours des miracles, on est malgré tout loin de la bouleversante « Joueuse de go » de ses débuts.