Dorian Gray

Titre : Dorian Gray
Scénariste/Dessinateur : Enrique Corominas
Éditeur :  Daniel Maghen
Date de publication : 2011

Synopsis : Dorian Gray est un jeune homme d’’une très grande beauté. Son ami Basil Hallward, artiste-peintre obsédé par Dorian, tire de ce dernier toute son inspiration et réalise son portrait. Au cours d’’une séance de pose, Dorian fait la connaissance de Lord Henry, dit Harry, un ami de Basil. Conscient de l’’influence néfaste qu’’Harry pourrait avoir sur son jeune et innocent adonis, le peintre lui demande de ne pas tenter de le corrompre avec ses théories sur la jeunesse et le plaisir… mais en vain ! Va naître dès lors en Dorian une profonde jalousie à l’’égard de son propre portrait. Il fait alors le vœu insensé de garder l’’éclat de sa beauté tandis que le visage peint sur la toile assumerait la trace de ses passions et de ses péchés.

Note 3.5

Si je demeurais toujours jeune et que le portrait vieillisse à ma place ! Je donnerais tout, tout pour qu’il en soit ainsi. Il n’est rien au monde que je ne donnerais. Je donnerais mon âme !

« Si je demeurais toujours jeune et que le portrait vieillisse à ma place ! Je donnerais tout, tout pour qu’il en soit ainsi. Il n’est rien au monde que je ne donnerais. Je donnerais mon âme ! ». C’est par ces quelques mots que Dorian Gray cèle son tragique destin : au lieu de lui, ce sera le sublime portrait de sa personne réalisé par Basil Hallward qui portera les stigmates de l’âge et du vice qui, peu à peu, ne tarde pas à ronger son âme. Mais le plaisir et la jeunesse éternelle ont un prix… Après Victor Hugo c’est au tour d’Oscar Wilde et de son célèbre roman « Le portrait de Dorian Gray » de faire l’objet d’une adaptation en bande dessinée par les éditions Daniel Maghen. Enrique Corominas nous entraîne avec talent dans ce célèbre drame fantastique de la fin du XIXe siècle posant l’épineuse question de la moralité de l’art et mettant en scène un jeune homme prometteur, perverti par Lord Henry qui lui fait prendre conscience du caractère éphémère de sa beauté et l’encourage dans sa recherche de plaisir toujours plus raffinés et cruels.

Dorian Gray planche 2

Comme beaucoup, je connaissais vaguement l’histoire du roman d’Oscar Wilde sans l’avoir pour autant lu, aussi est-il difficile de me prononcer quant à la qualité de l’adaptation. Il est néanmoins indéniable que l’auteur ait tenu à rester le plus fidèle possible à la trame du support d’origine, et surtout aux nombreuses thématiques développées. L’art, la beauté, la morale, l’influence, tout est là et permet de fournir au lecteur une bonne idée de la complexité du roman original. Le découpage en cinq actes est ingénieusement pensé et permet de bien saisir les différentes étapes de la transformation du protagoniste. Petit bémol toutefois en ce qui concerne les graphismes auxquels j’ai eu beaucoup de mal à me faire : trop peu réalistes, trop flamboyants. Il est cela dit intéressant de constater la volonté de l’auteur/illustrateur de traduire les changements moraux qui s’opèrent chez le jeune Dorian par le biais de la coloration qui ne cesse de s’assombrir au fil du récit (la débauche de couleurs des toutes premières pages pourra d’ailleurs en rebuter plus d’un).

Dorian Gray planche 1

Enrique Corominas nous offre avec ce « Dorian Gray » une belle adaptation du roman d’Oscar Wilde, reprenant à la fois la grande majorité de la trame d’origine tout en abordant brièvement mais intelligemment les nombreux thèmes du roman. Un grand merci à Babélio et à la maison d’édition Daniel Maghen de m’avoir permis de faire cette agréable découverte.