Sherlock série

Série : Sherlock
Titres : 3.00 : Many Happy Returns ; 3.01 : The Empty Hearse ; 3.02 : The Sign of Three ; 3.03 : His Last Vow
Créateurs : Mark Gatiss et Steven Moffat
Acteurs principaux : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Amanda Abbington, Mark Gatiss, Una Stubbs, Louise Brealey
Chaîne : BBC One (Royaume-Uni)
Date de diffusion : janvier 2014
Livres originaux : surtout des références aux romans ou nouvelles La Maison vide (The Adventure of the Empty House), Le Signe des Quatre (The Sign of Four) et Son dernier coup d’archet (His Last Bow) de Sir Arthur Conan Doyle

Synopsis : Cette version présente le célèbre duo, Sherlock Holmes – John Watson, transposé dans le contexte du début du XXIe siècle.

Note 5.0

ScénarioNote 4.5

ActeursNote 4.5

AdaptationNote 5.0

 
 
 

Once you have eleminated all the others factors the only one remaining must be the truth.
(Une fois que tu as éliminé tous les autres facteurs, le seul élément restant doit être la vérité.)

Après une fin de saison 2 insoutenable, la série Sherlock nous propose une nouvelle flopée de trois épisodes d’une heure et demie qui réussit parfaitement à renouveler ses concepts.

Avec cette version de Sherlock Holmes au XXIe siècle, beaucoup de choses ont déjà été chamboulées lors des deux premières saisons (pas de spoilers ici, promis), mais beaucoup d’idées « canoniques », ou disons habituelles », persistent. Un Sherlock Holmes toujours aussi sociopathe et asocial, avide du moindre détail, magnifiquement mis en lumière par Benedict Cumberbatch (Star Trek : Into Darkness), retrouve avec plaisir le tendre, enjoué et bagarreur John Watson, campé par Martin Freeman (The World’s End). Il est marrant de voir ces deux-là continuellement se donner la réplique quand on vient de les voir s’affronter dans Le Hobbit : La Désolation de Smaug dans un décor diamétralement différent. L’un et l’autre ont parfaitement compris les rouages de leur personnage et en joue parfaitement bien, nous régalant de leurs gestuelles calculées et de leur diction très travaillée. Ça parle, ça parle à n’en plus finir, ça saute de partout, mais en tout cas on ne s’ennuie jamais. Et on en profite même pour se jouer des situations qui font le sel de ce duo, sans pour autant être : homosexualité latente ou peur du mariage ? asociabilité ou culte du mystère ?

Mariage et réjouissances au programme.

Et justement, action utile et humour de qualité vont de pair lors de ces trois (finalement trop courts !) épisodes. Ces deux aspects sont, l’un et l’autre, d’ailleurs rythmés par le même thème musical que dans les deux premières saisons, toujours placé au bon moment. Mais ce décalage humoristique vient aussi et surtout dans les références incorporées dans chaque épisode, et même dès le petit bonus de Noël (épisode 3.00) qui prépare cette saison. On se joue de l’événement final de la saison 2 pour mieux le retourner et en fait un élément d’intrigue majeur pour l’épisode 3.01. De la même façon, quelques éléments qui peuvent paraître de détail participent à cette ambiance joueuse, et pourtant bien tendue ; je n’en citerais qu’un ici : dans le rôle des parents de Sherlock Holmes, la présence des parents même de Benedict Cumberbatch ! L’action continue, quand à elle, d’être détournée toujours efficacement pour ne pas nous complaire dans un Sherlock trop calculateur à l’avance (tel le Sherlock Holmes de Guy Ritchie), mais bien de le faire s’adapter à chaque situation ; ainsi, son long discours au mariage du deuxième épisode est tout simplement magistral, d’autant plus qu’il joue sur la double corde sensible de John Watson, sur ses amours et son côté side-kick/coéquipier pourtant parfaitement mis en avant ! Du grand art, pour moi.

Oui, Sherlock va en prendre plein la mouille !

Et c’est au niveau de l’intrigue que Sherlock, John et leurs comparses (même si je les trouve moins entourés qu’avant dans cette saison : l’importance des femmes y est pour beaucoup, je pense) vont beaucoup cravacher pour tenir la route. Confrontés à une menace différente à chaque épisode, les fils sont pourtant bien tendus pour qu’on ne sache jamais vraiment d’où vient le clou de l’intrigue. Comme à l’habitude, les indices sont subtilement dissimulés au cours des épisodes, mais même en les trouvant au cours du visionnage, est bien malin celui qui devine par avance où nous emmènent les scénaristes. Et ce n’est pas pour rien qu’une des répliques nous rappelle astucieusement « c’est comme ça avec Sherlock, toujours de l’inattendu. »

Aaah… apparition inexpliquée ! Où même Sherlock sera surpris…

Finalement, il n’y a aucun essoufflement à constater dans cette série qui m’est chère. La brièveté de chaque saison y joue sûrement un rôle, mais l’emploi du temps des deux acteurs principaux donne à la série sa plus grande qualité, sa concision, et son défaut le plus rageant, que trois épisodes par an au mieux ! Si la note maximale peut être vue comme exagérée par certains puristes de l’oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle, il faut ramener cela au soin apporté à l’adaptation à notre monde actuel, à la qualité des intrigues et de l’interprétation des acteurs, tous très justes et très engageants. Découvrez donc Sherlock au plus vite, car sans vous prendre beaucoup de temps (à part si, comme moi, vous vous engagez dans la multi-rediffusion), vous passerez de très bons moments.