Alexandre le Grand et les aigles de Rome

Titre : Alexandre le Grand et les aigles de Rome (Alejandro Magno y las aguilas de Roma)
Auteur : Javier Negrete
Éditeur : L’Atalante
Date de publication : 2009 (2007 pour la version originale)

Synopsis : Alexandre le Grand est mort à Babylone le 28 daisios au soir, c’est-à-dire le 10 juin de l’an 323 avant J.-C., à l’âge de trente-trois ans. Alexandre le Grand ne meurt pas ce jour-là. Un mystérieux médecin qui se dit envoyé par l’oracle de Delphes le sauve d’une tentative d’empoisonnement. Six ans plus tard, Alexandre a tourné son regard vers l’Occident. Sur le chemin de ses nouvelles conquêtes se dresse alors la république de Rome, tout autant que lui convaincue de la grandeur de son destin. Qui des phalanges macédoniennes et des légions romaines aura la suprématie ? La comète Icare, qui ne cesse de croître chaque nuit dans le ciel, annonce de grandes catastrophes…

Note 3.0

Euctémon regarda un instant son frère dans les yeux, apparemment perplexe. Peut-être, songea Démétrios, son frère n’avait-il pas eu l’idée de pousser jusqu’au bout le raisonnement logique suivant : Si une comète aussi grande que la moitié de la Crête heurte la Terre, elle tuera certainement tous les humains, Euctémon est un être humain, donc Euctémon mourra certainement.

Et si… Et si Alexandre le Grand n’était finalement pas mort à Babylone en 323 mais avait survécu assez longtemps pour mettre en œuvre son projet de s’attaquer à la nouvelle puissance occidentale ascendante : Rome… C’est ce qu’imagine Javier Negrete dans cette uchronie dont le casting de rêve ne peut que tenter n’importe quel amateur d’histoire : Alexandre, le conquérant vainqueur de Darius et fondateur d’une douzaine d’Alexandrie, contre Jules César, l’habile et ambitieux politicien victorieux face aux Gaulois. Autrement dit la phalange macédonienne contre la légion romaine. Le récit se suit avec beaucoup de plaisir tant on est curieux de savoir quel parti pris prendra l’auteur qui nous dépeint un monde antique très cohérent et dans lequel on s’immerge dès les premières pages.

Les personnages sont pour leur part plutôt réussi, même si Javier Negrete semble avoir accordé plus de soin aux Grecs qu’aux Romains. Certains demeurent ainsi un peu trop en retrait comme le fameux médecin qui parvint à guérir Alexandre dont on ne sait au final pas grand chose ou encore Jules César lui-même que j’aurais aimé plus charismatique et plus imposant. Le duo Euctémon et Démétrios se révèle en revanche très attachant et permet même d’apporter une petite dose d’humour à l’ensemble. La fin m’a toutefois légèrement déçue car beaucoup trop abrupte et frustrante.

« Alexandre le Grand et les aigles de Rome » fut donc bonne découverte qui m’a malgré tout laissé un peu sur ma faim. Il ne me reste plus qu’à me pencher sur les autres œuvres de Javier Negrete pour me faire un avis plus affirmé…

Autres critiques : Yossarian (Sous les galets, la plage)