Un monde sans fin

Titre : Un monde sans fin (A World without End)
Auteur : Ken Follett
Éditeur : Robert Laffont (Best-sellers)
Date de publication : 2 octobre 2008 (2007 en VO)

Synopsis : 1327. Quatre enfants sont les témoins d’une poursuite meurtrière dans les bois : un chevalier tue deux soldats au service de la reine, avant d’enfouir dans le sol une lettre mystérieuse, dont le secret pourrait bien mettre en danger la couronne d’Angleterre. Ce jour scellera à jamais leurs destinées…
Gwenda, voleuse espiègle, poursuivra un amour impossible ; Caris, libre et passionnée, qui rêve d être médecin, devra défier l autorité de l Église, et renoncer à celui qu elle aime ; Merthin deviendra un constructeur de génie mais, ne pouvant épouser celle qu il a toujours désirée, rejoindra l’Italie pour accomplir son destin d’architecte ; Ralph son jeune frère dévoré par l’ambition deviendra un noble corrompu, prêt à tout pour satisfaire sa soif de pouvoir et de vengeance.
Prospérités éphémères, famines, guerres cruelles, ravages féroces de la peste noire… Appuyée sur une documentation historique remarquable, cette fresque épique dépeint avec virtuosité toutes les émotions humaines, à travers un demi-siècle d’histoire mouvementée…

Note 3.0

L’homme qui prépare les onguents et les médecines a pour nom apothicaire. Lorsque c’est une femme qui exerce cette activité, on l’appelle sorcière. […] Les hommes aiment bien tuer une femme de temps en temps.

Avec Un monde sans fin, Ken Follett commet l’erreur de donner une suite à l’immense succès éditorial et littéraire que furent Les Piliers de la Terre. Ce roman historique, plus que volumineux, peut toutefois être analysé de deux manières différentes.

Tout d’abord, en tant que « simple » roman historique, Un Monde sans Fin répond convenablement aux codes du genre, sans jamais y rechigner. Les personnages sont convenus, voire attendus, mais conformes à l’époque revisitée par l’auteur. L’intrigue suit un événement capital, l’entretien de la fameuse cathédrale de Kingsbridge, en parallèle d’un plus anodin au premier abord, le secret qui lie quatre enfants dès le début de l’histoire. En fan de romans historiques et surtout en ce qui concerne la période médiévale, je dois avouer que le style de Ken Follett à faible dose peut très bien correspondre à ce qu’on attend : des sentiments, de la psychologie et de l’épique quand il le faut. Attention toutefois à ne pas tomber dans des travers entrevus précédemment avec cet auteur : privilégier des thèmes rémunérateurs comme le sexe, le sang et autres violences qui rapportent… Mais bon, pour un roman historique, Un Monde sans Fin se tient, et c’est très bien.

Toutefois, il est impossible, quand on a lu et dévoré Les Piliers de la Terre, de ne pas tenir compte du fait que ce livre est une suite à ce dernier. À vrai dire, c’est même plutôt une pseudo-suite, car l’intrigue n’a aucun rapport avec Jack, Aliena ou Waleran et elle se situe surtout deux siècles plus tard, en compagnie de ceux qui sont censés être leurs « descendants »… Bien évidemment, l’élément central à retenir est plutôt le duo formé par la cathédrale et le monastère de Kingsbridge, poumons économiques de cette bourgade devenue ville vivant au-dessus de ses moyens. Ce constat fait, la comparaison devient facile : Ken Follett reprend les ingrédients qui ont bien marché dans le premier opus pour retenter le coup du best-seller. Un secret mal gardé, des moines pas bien chastes, des ecclésiastiques ambitieux et le mélange des échelles entre une royauté en péril et des localités en proie à de vifs tourments. Le tout enrubanné d’une floppée de personnages qu’on pourrait trouver caricaturaux, mais qui, passés sous la plume de Ken Follett, restent crédibles, il faut tout de même le reconnaître.

En somme, Un Monde sans Fin est un véritable pavé historique, avec certes du détail, de l’intrigue et un panel de personnages incommensurable, mais qui n’arrive pas à la cheville des Piliers de la Terre, dont il est censé être le continuateur. La longueur interminable dudit pavé fait malheureusement retenir avant tout que c’est la lecture qui devient sans fin et non notre temps à y consacrer. Ken Follett ne l’a peut-être pas compris…

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