Constantine 2005

Titre : John Constantine
Réalisateur : Francis Lawrence
Personnages principaux : Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia LaBeouf, Tilda Swinton, Pruitt Taylor Vince, Djimon Hounsou, Gavin Rossdale, Peter Stormare
Date de sortie française : 16 février 2005
Budget : 100 M$

Synopsis : John Constantine, extralucide anticonformiste, qui a littéralement fait un aller-retour aux enfers, doit aider Katelin Dodson, une femme policier incrédule, à lever le voile sur le suicide mystérieux de sa soeur jumelle. Cette enquête leur fera découvrir l’univers d’anges et de démons qui hantent les sous-sols de Los Angeles d’aujourd’hui.

Note 3.0

Il y a sans doute un dessein pour chacun de nous. J’ai dû mourir deux fois rien que pour le comprendre.

Basé sur les personnages de la série Hellblazer, Constantine met en scène Keanu Reeves en détective du paranormal, naviguant entre le monde réel et les enfers où il est destiné à aller à sa mort prochaine. C’est l’occasion pour l’interprète de Matrix et de Johnny Mnemonic de camper le John Constantine des comics.

Même si ce film est finalement très peu connu, malgré son casting intéressant, il est souvent considéré comme une très mauvaise adaptation. Je n’irai pas jusque-là, d’autant que nous avons affaire à un film plutôt honnête, au bout du compte.

Les choix adaptatifs tournent surtout autour du personnage-phare, John Constantine. Le choix de Keanu Reeves ne semble pas des évidents pour camper ce blond antipathique particulièrement versatile et joueur, héros de la série Hellblazer. Avec l’acteur « à l’unique expression faciale », c’était bien mal parti, eh bien j’ose dire que j’aime le résultat qu’il nous offre. Il joue de sa dégaine mi-charismatique mi-branlante ; il bénéficie de quelques répliques piquées ça e là, plus ou moins bien, au comics ; enfin, il s’arrange pour accentuer le bon décalage créé autour de l’addiction au tabac de son personnage (la plupart des blagues viennent d’ailleurs du fait qu’il enchaîne les clopes en mourant d’un cancer du poumon).

Un John Constantine pas si mauvais au fond, même s’il n’est clairement pas issu directement du comics originel.

Le bon point est peut-être le rendu des Enfers et de tout ce qui touche au diable, ses sbires et ses fléaux. D’ailleurs, l’aspect diabolique et l’utilisation du suicide ont sûrement justifiés l’instauration de l’interdiction du film aux moins de 12 ans. Pour le reste, l’utilisation des effets spéciaux est plutôt bien foutue dans l’interaction entre les Enfers et notre monde.

Evil, yeah ?

Les autres aspects du film ne vont pas forcément dans un sens positif. Si quelques-uns d’entre eux sont bien kitchs, on doit se contenter parfois de ficelles scénaristiques bien faibles ou de jeux d’acteurs pas toujours à la hauteur. Rien que Rachel Weisz, qui doit assurer un double rôle de jumelles, est loin de son meilleur niveau, en plus de ne pas être une actrice que j’apprécie follement. Shia LaBeouf s’occupe du rôle qu’il a mille fois dû jouer. De plus, malgré de bonnes idées dans ces seconds rôles, il y a encore pas mal d’aspects « série B » dans la conception des costumes des hybrides. Mais n’est-ce pas finalement le lot de beaucoup d’adaptation de comics ?

Gabriel n’a pas une gueule d’ange.

Une adaptation bien compliquée pour un film pas si mauvais que ça dans le fond, d’autant que la mode de l’adaptation des comics anglo-saxons n’était pas encore lancée autant que dans les années 2010. Malgré sa mauvaise publicité depuis longtemps, ce film finit par être au même niveau que sa bande son : un bon fond, pas de grandiloquence, mais de bons sursauts de temps en temps. Cela vaut déjà autant que certains blockbusters de ces dernières années.

 

Autres critiques : Vance (L’Écran Miroir)