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Titre : Jade
Auteur : Jay Lake
Éditeur : Eclipse
Date de publication : 2011

Synopsis : Elle est née dans la poussière et la pauvreté d’un village écrasé sous le soleil de l’équateur. Elle ne se rappelle pas de sa mère, elle ne se rappelle même pas de son nom. Son plus ancien souvenir remonte au jour où son père l’a vendu à ce grand homme au teint de lait. Dans la cour du Grenadier, où on lui a enseigné à devenir une grande dame et une courtisane accomplie, elle fut baptisée Emeraude, joyau parmi les beautés sélectionnées pour un duc immortel. Elle s’est choisie un autre nom : Jade. Son univers mêle la politique et la magie, et les dieux interfèrent dans les affaires des mortels. Au centre du monde règne le duc immortel de la cité de Hautcuivre, qui contrôle tout le commerce de la mer des Tempêtes. Jade a été éduquée pour devenir le jouet des hommes ; mais le duc n’est pas tout-puissant, et l’oeuvre des siècles n’a pas éradiqué tous ses ennemis. Certains voient en elle le moyen de parvenir jusqu’à lui, et de le tuer en brisant le sortilège qui le maintient vie.

Note 2.5

Si le nom de Jay Lake ne me disait rien lorsque que je suis tombée par hasard sur ce roman, la quatrième de couverture, elle, promettait une histoire alléchante mettant en scène une jeune fille formée aux arts de la séduction et de la politique afin de tenter de renverser le tyran en place depuis bien trop longtemps. Voilà de quoi titiller ma curiosité. Peut-être mon attente était-elle trop grande ou disproportionnée, quoi qu’il en soit « Jade » s’est révélé bien loin de ce à quoi je m’attendais et m’a laissé un petit goût de déception. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, si vous êtes, comme moi, amateurs d’intrigues de cour, de vastes conspirations politiques et d’héroïnes fortes et attachantes, passez votre chemin! S’il est bien ici question de retracer le parcours d’une jeune fille, Jade, arrachée à sa contrée natal pour la capitale de Hautcuivre où elle devra suivre une éducation rigoureuse afin de servir l’immortel Duc de la ville, son apprentissage et son « opposition » au tyran constituent cependant uniquement la première partie du roman, somme toute vite expédiée.

Si les différentes étapes de formation de cette jeune fille tenace ne manquent certes pas d’intérêt, l’enthousiasme ressenti est toutefois nettement contrebalancé par le manque de profondeur de l’univers dépeint par l’auteur, non pas tant au niveau géographique mais plutôt historique : on ne sait rien ou presque de l’histoire de ce royaume et de son tyran, de son arrivée au pouvoir, des structures politiques mises en place… La deuxième partie du roman se fait heureusement plus passionnante à mesure que l’auteur nous entraîne à la découverte d’autres régions, peuples et intrigues. Quelques éléments originaux tels la secte d’assassins réservée aux femmes de la ville orientale de Kalimpura ou encore la race des Pardin apportent notamment une fraîcheur bienvenue. Le plus gros défaut du roman reste toutefois l’absence d’empathie ressentie pour cette jeune fille dont la froideur est parfois un peu déstabilisante. Quant aux personnages secondaires, ils sont relativement peu nombreux et souffrent pour leur part d’un manque dérangeant de profondeur.

Au final, « Jade » reste un bon roman de fantasy qui parviendra sans mal à divertir son lecteur grâce à quelques idées originales et de bons moments. Dommage que l’intrigue initiale n’ait pas été plus développée et les personnages plus attachants.