La Vie d'Adèle

Titre : La vie d’Adèle
Réalisateur : Abdellatif Kechiche
Actrices : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux
Date de sortie : octobre 2013
Récompenses : Palme d’or de Cannes 2013

Synopsis : Âgée de quinze ans, Adèle est convaincue qu’une fille doit rencontrer des garçons et rêve du grand amour. Elle pense l’avoir trouvé en la personne de Thomas, un jeune homme mystérieux, mais sympathique. Elle rencontre le même jour Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, et cette rencontre bouleverse totalement sa vie. Emma hante chaque nuit ses rêves et ses désirs les plus intimes. Adèle tente d’ignorer ses sentiments et essaye de se livrer à Thomas, mais elle réalise qu’elle a une attirance pour les filles. Adèle découvre le désir et s’affirme en tant que femme et en tant qu’adulte.

Note 4.0
 
 

Récompensé par la palme du festival de Cannes 2013, « La vie d’Adèle », signé Abdellatif Kechiche, constitue l’adaptation cinématographique de la désormais célèbre bande dessinée « Le bleu est une couleur chaude » signée Julie Maroh et mettant en scène la relation entretenue entre deux jeunes femmes : Clémentine, adolescente peu sûre d’elle et en plein questionnement sur sa sexualité, et Emma, lesbienne assumée et plus âgée. Entre elles deux, c’est immédiatement le coup de foudre et une belle histoire d’amour qui commence, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines, ses surprises et ses déceptions. Avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux dans les rôles de Clémentine (devenue Adèle) et d’Emma, le long-métrage, sorti dans nos salle obscures le 9 octobre dernier, bénéficie d’ores et déjà d’une très bonne presse, et ce malgré la polémique liée aux attaques lancées par l’équipe technique du film ainsi que Léa Seydoux à l’encontre du réalisateur dont elle a dénoncé dans plusieurs interviews les pratiques abusives et les méthodes très contestables.

Autant le dire tout de suite, si vous cherchez une adaptation fidèle à l’œuvre de Julie Maroh, vous risquez d’être un peu déçu car si le film d’Abdellatif Kechiche. suit bien dans l’ensemble le même déroulement que celui de la bande dessinée, il s’agit là d’une adaptation très libre. Un choix qui possède des avantages comme des inconvénients. Disons le d’abord clairement, le plus gros point fort du film reste la performance remarquable de la jeune Adèle Exarchopoulos qui crève littéralement l’écran. J’ai personnellement toujours eut un peu plus de mal avec Léa Seydoux, bien que sa prestation soit ici tout à fait remarquable. Parmi les autres points forts du film figure évidemment la qualité de la réalisation de Kechiche qui nous plonge véritablement au plus près de la vie de cette jeune fille et de cette relation passionnelle qu’elle partage avec Emma. Car, contrairement à la bande dessinée qui insistait davantage sur le côté lesbien de la relation (l’importance du regard des autres, le côté militant…), le film laisse cet aspect un peu plus en retrait et met avant tout l’accent sur l’histoire d’amour.

La vie d'Adèle scène

Évidemment, le long-métrage n’est pas exempt de tout défaut. La longueur de certaine scène peut ainsi parfois gêner le spectateur (rappelons que le film dure trois heures…), même si, porté par l’histoire et le talent des deux jeunes femmes, il est difficile de se lasser. Les scènes de sexe, objets d’un vif débat dès leur première projection, sont pour leur part très belles mais à mon sens trop nombreuses et parfois beaucoup trop longues. Au nombre des regrets figure également la fin qui m’a quelque peu déçu. Probablement toujours dans l’optique de se concentrer essentiellement sur l’histoire d’amour et de ne pas rajouter une dimension trop pathétique au film, Kechiche a en effet fait le choix de laisser de côté tout ce qui à trait à la maladie de Clémentine/Adèle, élément qui ouvre et clôt la bande dessinée de Julie Maroh. L’idée n’est pas mauvaise en soin mais le final en pâtit et laisse un léger arrière-goût d’inachevé. Il ne s’agit cela dit que de quelques détails qui ne remettent absolument pas en cause la qualité du long-métrage.

« La vie d’Adèle » est incontestablement un très beau film mettant en scène une histoire d’amour touchante et réaliste, porté par un excellent duo d’actrices. Tout comme dans l’album de Julie Maroh, on vit avec l’héroïne, on pleure, on rit, on espère, on aime, et on souhaiterait que cette belle histoire continue. Si vous n’avez pas encore sauté le pas, courez-y !

Autres critiques : Michael Upon Pickman (Cineslasher)