Murena 7 Vie des feux

Titre : Vie des feux
Série : Murena, tome 7
Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Philippe Delaby
Éditeur : Dargaud
Date de publication : 13 novembre 2009

Synopsis : Le Cycle de l’Epouse se poursuit avec le septième tome des aventures de Murena. Au mois de juin 63 après J.-C., Néron vient de perdre sa petite Claudia Augusta. Le bébé n’avait que quatre mois et la détresse de son père est profonde. Aux marches de l’Empire, des juifs défient Rome et l’empereur s’interroge : quel est donc ce maître que sert le dénommé Pierre ? Et Murena ? Il a perdu sa bien-aimée Acté et décide de quitter la Gaule pour rentrer à Rome. Mais quelle sera la réaction de l’imprévisible Néron lorsqu’il apprendra que le proscrit a regagné la cité aux sept collines ?

Note 4.5

– Le ciel est encombré de dieux. Notre Seigneur n’a pas la prétention de dîner avec Jupiter ou de courtiser Junon. Il demande juste une épine.
– !?? Une épine !?
– Oui. Celle qui est plantée dans le cœur de chacun, celle qui empoisonne le cœur de chacun. Tu dois la sentir bouger parfois…

Ah ! Le septième tome de cette série nous offre enfin un Murena classieux et charismatique, et non point en retrait alors que c’est son histoire que l’on raconte ! Et il mène ici une cohorte de personnages longtemps décrits sans pour autant les mettre autant en lumière. Entre un Balba toujours parfait en personnage secondaire et un Néron loin d’être des plus déplaisants (contrairement aux deux derniers tomes, et son épouse se fait peut-être aussi plus discrète sur le moment), le casting est toujours aussi bien senti, même si nous pouvons largement ressentir la fin de quelque chose, une page qui se tourne, des morts supplémentaires en perspective.

Et pour cela, ce tome-ci mise sur un événement longuement mis en place, LE fait marquant du règne de Néron, l’incendie de Rome. Jean Dufaux multiplie ainsi les allusions « ignitives » sur la tendance de Rome à s’enflammer : ça sent la poudre ! Dans cette optique, saluons toujours l’exactitude historique avec la justification continue par les sources et le glossaire final : chaque utilisation de ces anecdotes ou faits précis est une pierre de plus apportée au scénario, qui, cette fois-ci, ne se perd pas dans l’inutile mais file bien mieux vers le but de ce deuxième cycle.

La quasi perfection de ce tome-ci ne doit pas nous empêcher de cibler quelques accros. Par exemple, la tendance à spoiler (par le glossaire ou par le magnifique carnet de croquis initial) les événements à venir quelques pages après m’a un peu déconcerté, tout comme d’ailleurs l’utilisation de cartouches pour désigner la « Vie de Untel… », pour montrer qu’on se place du point de vue d’un personnage précis ; toutefois, cela n’apporte rien au scénario et gâche même les choses. De même, certaines tendances, que certains voient comme exclusivement pédagogiques, en arrivent à agacer et c’est bien dommage car cette visée à l’origine du projet a de bons objectifs au départ, mais pêche par certains moyens. Pour autant, nous passerons sur ces aspects, car finalement l’histoire se meut parfaitement dans tout cela.

Un tome énorme donc dans la forme comme dans le contenu, et qui nous permet de réfléchir sur la direction que va prendre la série comme sur les quelques défauts qu’elle peut parfois mettre en lumière. Mais c’est avec plaisir que ces petits défauts mettent en valeur l’ensemble de la série Murena.

Voir aussi : Intégrale I ; Intégrale II, Tome 5 ; Tome 6 ; Tome 8 ; Tome 9