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Titre : Un hiver de sang
Cycle : Un monde sans dieux, tome 1
Auteur : Brian Ruckley
Éditeur : Panini (collection Éclipse)
Date de publication : 2013 (2010 pour la première édition)

Synopsis : Dans un monde abandonné des dieux, une paix fragile règne entre les grandes lignées. Mais quand un ennemi ancestral surgit du passé pour reprendre sa place légitime, les clameurs de la guerre et les fracas des armes viennent briser le silence de l’hiver…

Note 2.5

Il n’y a que les idiots pour ne pas voir qu’il est plus facile de prononcer un serment que le recevoir.

A l’occasion de la renaissance du label « Eclipse » chez Panini, la célèbre maison d’édition nous offre en cette années 2013 plusieurs rééditions de roman de fantasy qui avaient depuis un moment déserté les étagères de nos librairies. « Un monde sans dieux », trilogie de l’auteur anglais Brian Ruckley, a récemment eu droit à ce traitement de faveur, l’occasion pour les lecteurs de re(découvrir) un cycle de fantasy épique très plébiscité par les critiques, bien qu’assez peu connu du grand public. Le premier tome, « Un hiver de sang », nous plonge dans un univers rude et sombre où s’opposent d’un côté de puissants chefs de guerre réunis autour d’un leader à l’autorité de plus en plus démesurée et contestée, et d’un autre les survivants coriaces d’un peuple condamné à disparaître des siècles auparavant qui n’attendent plus qu’une bonne occasion pour réclamer par la force l’héritage de leurs ancêtres. A défaut d’être vraiment original, le pitch de base promettait en tout cas de la pure fantasy épique, alliant complots politiques retors et batailles sanglantes à l’image des romans de David Gemmell ou, dans une moindre mesure, de G. R. R. Martin.

Pourtant grande amatrice de ce courant spécifique de la fantasy, je dois avouer que ce premier tome m’a hélas quelque peu laissée sur la touche, sans que je parvienne à véritablement en saisir la raison. L’univers est en effet loin d’être inintéressant et les bonnes idées sont nombreuses comme celles de la race des na’kyrim, demi-sang possédant des capacités psychiques exceptionnelles, celle de l’organisation politique des thanes, ou encore celle d’opter pour une société où les femmes bénéficient du même statut que les hommes et peuvent, de fait, exercer le métier de guerrière. Le bât blesse toutefois du côté des personnages, malheureusement souvent trop fades ou en retrait pour susciter une véritable implication de la part du lecteur. Le jeune Orisian, protagoniste de ce premier volume, est ainsi beaucoup trop stéréotypé à mon goût et c’est avec peu d’intérêt que j’ai suivi l’évolution de ses péripéties. Le guerrier Kanin, les kyrinin du Renard ou encore le na’kytim Aeglyss sont pour leur part bien plus prometteurs mais se retrouvent hélas trop rarement sur le devant de la scène.

Au final, Brian Ruckley se révèle être un auteur talentueux et à l’imagination fertile dont l’univers repose sur des bases solides. Ce premier tome n’est cependant pas parvenu à me transporter, sans que je parvienne à véritablement saisir pourquoi, et je doute poursuivre ma lecture de cette trilogie qui, si elle n’est de toute évidence pas pour moi, ne manque malgré tout pas de qualités. Dommage…