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Titre : Ayesha : La légende du peuple Turquoise
Auteur : Ange (Anne et Gérard Guéro)
Éditeur : Bragelonne
Date de publication : 2005

Synopsis : Dans les royaumes orientaux de Tanjor, le Peuple turquoise est en esclavage depuis des millénaires. Mais il chérit une légende qui lui donnera un jour le courage de se révolter : la légende d’Ayesha, la déesse qui commandera aux étoiles et rendra la liberté à ses enfants condamnés. La jeune reine Marikani n’est pas insensible à leur sort, mais elle a d’autres soucis. De retour d’exil, elle espère rallier la cité d’Harabec et reprendre le trône dont on la écartée. Malgré tout son orgueil, elle aura bien besoin de l’aide d’Arekh, un galérien cynique et brutal dont elle a sauvé la vie. Ils n’ont rien en commun. Leur rencontre va pourtant changer le destin de toute une civilisation, bien au-delà de tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Ceci est l’histoire d’une femme indomptable, de ceux qui l’ont aimée et de ceux qui l’ont trahie. Ceci est l’histoire d’une révolution.

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Qu’importe l’origine du mythe. Ce qui est certain, c’est qu’à l’époque où Salmyre, la cité lointaine, étincelait de ses dernières lumières d’or, que l’émir et la reine d’Harabec se livraient à leurs querelles insignifiantes et séculaires, une révolte sourde et secrète grondait dans le cœur des esclaves du Peuple turquoise. Ils parlaient d’Ayesha. Ils attendaient Ayesha.

Avec « Ayesha », Ange (comprenez Anne et Gérard Guéro) signent une trilogie de fantasy qui fut, lors de sa parution, plébiscitée tant par les critiques que les lecteurs. Et il n’est guère difficile de comprendre pourquoi. Nous avons affaire avec ces trois volumes, regroupés ici en une très belle intégrale par les éditions Bragelonne, à une histoire intelligemment construite et d’une grande maturité consacrée à un thème rarement exploité en fantasy : l’esclavage. Depuis des siècles, le Peuple Turquoise se voit ainsi forcé de vivre sous le joug des Royaumes suite à une condamnation d’ordre religieuse, condamnation que ses membres eux-mêmes, et ce malgré la dureté et l’horreur de leur situation, ne se risqueraient à remettre en cause pour rien au monde. Ou du moins était-ce le cas jusqu’à ce que l’espoir de l’arrivée de leur messie, la déesse Ayesha, ne fasse enfin surface et vienne bouleverser pour toujours leur destin et celui de tous les Royaumes de cet univers et de leurs habitants…

Dès le tout premier chapitre, l’histoire démarre sur les chapeaux-de-roues et réussi le remarquable exploit de maintenir le même rythme tout au long des trois volumes. Il faut dire qu’entre les intrigues de la fastueuse et exotique cour d’Harabec, les ponctuels complots et révoltes fomentés par le Peuple Turquoise, la montée d’une nouvelle menace aux frontières, les luttes de pouvoir entre souverains…, les personnages n’ont guère le temps de s’ennuyer, et ce pour la plus grande joie du lecteur qui ne reprend enfin son souffle qu’une fois la toute dernière page tournée. Ajoutez à cela des paysages variés et dépaysants, une intrigue complexe et parfaitement maîtrisée, un style simple mais agréable, et surtout des personnages hauts-en-couleurs et très attachants. Qu’il s’agisse de Marikani, reine d’Harabec écrasée par le poids de ses responsabilités, d’Arekh, guerrier écorché-vif aux sentiments contradictoires, de la joyeuse petite esclave Non’iama…, tous sonnent juste et parviennent sans mal à émouvoir.

Cette « Légende du Peuple Turquoise » se révèle être une œuvre convaincante, bourrée de bonnes idées et qui n’est pas sans rappeler par certains côtés l’excellente « Trilogie de l’empire » de R. E. Feist et J. Wurts. Une belle découverte.