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Suite à la Tartine de la semaine dernière et à quelques recherches ultérieures, la question de la lecture du soir me taraude, autant que certains spécialistes apparemment.


 

N’avez-vous pas eu la chance d’avoir des parents qui vous lisaient une histoire le soir ? Dans la plupart des cas, j’imagine que si, heureusement. Mais malheureusement, pas tout le monde, et c’est surtout de moins en moins le cas de nos jours. Car à l’heure du tout-numérique, la lecture du soir est d’emblée désignée comme archaïque par beaucoup. Quelques études statistiques (toutes aussi généralisantes les unes que les autres, mais bon…) se penchent sur ce phénomène en voie d’extinction : le Guardian, par exemple, ainsi que Harris Interactive, tous deux relayés par Actualitté, ici et .

Alors, au milieu de toutes ces tendances, entre bien-être éducatif et nécessité d’initiation culturelle, entre aide à l’apprentissage de la motricité et entraînement à la mémorisation nocturne (et je n’invente rien, je précise, car tout ceci est bien vrai), moi je pense surtout au rapprochement avec les parents. Et le fait que les mamans sont les plus sollicitées interroge : ont-elles un « don naturel pour faire vivre les sentiments et les intonations des petites histoires » ou bien est-ce juste parce qu’on sollicite plus facilement Maman plutôt que Papa, tout simplement ?

À cet égard, le tableau Lecture du soir d’Anton Ebert (1845-1896) n’a pas manqué de tirer la couverture de ma réflexion à lui. Passons sur le fait que les mamans passent pour les responsables du coucher des enfants, ainsi que pour les représentantes du rayon « douceur » au sein de la famille. Je pose la question : pourquoi les papas n’auraient-ils pas le droit, eux aussi, de lire des histoires et (surtout ?) de répondre à ces sondages sur l’importance de la lecture chez les jeunes enfants (chez tous en général, d’ailleurs, mais bon…) ? Nous aussi, nous voulons participer à ce partage émotionnel, affectif et social privilégié avec nos (futurs, pour certains) enfants !

Bref, comme toujours, dans ces considérations encore trop genrées, nous sommes en droit de poser la question fatidique : mais alors, si Maman raconte les histoires… il est où Papa ? (Et ne me dites pas « Papa est en haut » !) Heureusement, il existe des sacrés papas.

 

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La Tartine, une volée de mots émiettée au dépourvu, un billet à croquer le dimanche matin entre le petit déj’ et l’apéro. Car le monde des livres, c’est dès l’enfance que ça se visite.