9782355840142[1]

Titre : La Religion
Auteur : Tim Willocks
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2009

Synopsis : Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’ordre de Malte. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire militaire. Dans ce contexte mouvementé, Matthias Tanhauser, mercenaire et marchand d’armes, d’épices et d’opium, accepte d’aider une comtesse française, Caria La Penautier, dans une quête périlleuse. Pour la mener à bien, ils devront affronter les intégrismes de tous bords, dénouer des intrigues politiques et religieuses, et percer des secrets bien gardés.

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Toutes chaînes mortelles brisées, toutes dettes morales abandonnées. Nul éloge, ni honneurs, ni grande renommée mais l’extase et un avant-goût du divin. Voilà ce qu’est la gloire.

Projet ambitieux que celui de Tim Willocks qui entreprend dans « La Religion » de nous relater le siège de Malte de 1565 par les armées musulmanes du sultan Soliman le Magnifique. Neuf cent cinquante pages de siège… c’est long, peu-être un peu trop, mais l’auteur tient malgré tout plutôt bien le pari. Tout est loin d’être parfait cela dit. La première partie est ainsi assez faible car à mon sens mal rythmée, l’intrigue ayant à plusieurs reprises eu besoin d’un bon coup d’accélérateur. Mais le temps considérable qu’il m’a fallu pour rentrer dans l’histoire s’explique surtout en grande partie par le manque de crédibilité de l’intrigue initiale : un aventurier, d’habitude plutôt malin, qui décide de s’embarquer avec son plus vieux compagnon pour une ville assiégée sans grand espoir d’être secourue, seulement pour les beaux yeux d’une comtesse rencontrée depuis quelques minutes seulement et qu’il ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, franchement c’est un peu dur à avaler…

Heureusement la seconde partie du roman se fait plus captivante. L’auteur dispose en effet d’un talent certain et son style d’écriture se révèle au final très agréable, toujours fluide et souvent poétique. Les plus belles scènes restent celles des affrontements entre chrétiens et musulmans, Tim Willocks excellant dans l’art de plonger le lecteur au cœur de la mêlée et de lui faire ressentir toute l’horreur des combats, et ce dans ses moindres détails. Les dialogues sonnent également très justes et donnent lieu pour certains à des passages d’une grande beauté. En ce qui concerne les personnages, Tannhauser, notre protagoniste, apparaît rapidement très attachant de par son charisme et son côté aventurier rebelle. Il en va de même pour Bors, son amour de la guerre et son enthousiasme, ou encore Amparo et son côté étrange, presque féerique. Je suis beaucoup plus réservée quant au personnage de Carla qui, dans le premier quart du roman tout du moins, m’a à de multiples reprises prodigieusement agacée par sa trop grande naïveté, son égoïsme et son manque de discernement (pour ne pas dire plus).

Malgré ces quelques défauts qui peuvent parfois handicaper la lecture, « La Religion » se révèle finalement être un bon roman au sujet atypique et difficile avec lequel Tim Willocks s’en sort admirablement.